30.12.2006

Ciao Am'Sud

Je prends l'avion en début d'après-midi. Retour en France pour quelques jours puis, le 7 janvier 2007, nouveau départ, pour l'Inde dans un premier temps.
Bonne année à tous.

29.12.2006

Retour à Buenos Aires

Gabriel vient me chercher à l'hôtel et me conduit l'aéroport. Nous nous disons au revoir et au revoir seulement car je suis sûr que nous aurons l'occasion de gravir d'autres montagnes ensemble.

L'avion, qui devait faire San Juan – Buenos Aires direct, décolle à l'heure. Surprise pourtant lors de l'annonce du chef de cabine: nous allons faire une escale à Mendoza. Pas mal, personne n'en a été informé avant de monter dans l'avion et cette petite plaisanterie nous fera arriver à Buenos Aires avec plus d'une heure et demie de retard. Rien de grave en soi mais je songe avec soulagement que si j'avais choisi de rester une nuit de plus à San Juan, je ratais ma correspondance pour la France.
Je vois aussi que tous les vols annoncés ont du retard, entre une et trois heures. C'est normal, semble-t-il.

J'arrive dans le centre de Buenos Aires jonché de morceaux de papiers. C'est le dernier jour de travail de l'année et tous les employés jettent leurs vieux papiers par les fenêtres des bureaux.
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Amusante coutume locale qui doit conduire à certaines erreurs volontaires: désolé, monsieur l'inspecteur, c'est une regrettable erreur mais le listing de nos comptes est passé par la fenêtre…

Je déjeune avec Roland, mon ancien chef du temps héroïque où je travaillais en Guinée Equatoriale. Nous ne nous étions pas revus depuis plus de cinq ans. Amusant de se retrouver ainsi à l'autre bout du monde.

28.12.2006

De la société de consommation en Argentine

Ma clé USB ne fonctionnant plus, je me rends au Darty local pour en acheter une autre. Vraiment, ça ressemble à Darty avec écrans de télé, machines à laver, radio etc. Je trouve non sans mal le rayon des clés USB. Il n'y a guère qu'un seul modèle. Bon, va pour une clé 256K à 25US$, sans doute un peu chère mais j'y trouve mon compte. Vendeur absent ou incompétent, oui, on se croirait bien chez Darty. Lorsque je lui explique mon cas, assez simple au demeurant, le vendeur m'indique la caisse et me dit de suivre la queue de 6 personnes devant l'unique caissière du magasin – il est 19h, c'est l'heure de pointe… - et de préciser à cette dernière les termes absconds de "consumo final" afin de régler l'achat. Je patiente 20 minutes, épelle les étranges termes de mon vendeur qui évoquent, miracle, quelque opération dans le cerveau de l'aimable caissière, paye et me dirige vers le lieu de récupération des achats au fond à droite du magasin. Là, deux jeunes argentins en débardeurs récupèrent les factures de la vingtaine de clients en attente et transmettent à l'étage supérieur où semblent stockés les produits. Evidemment, ma facture passe d'un débardeur à l'autre et tandis que l'un croit avoir transmis à l'autre, l'autre à l'un, les deux ne savent plus ce qu'ils en ont fait. Encore trente minutes de perdues à convaincre les deux vendeurs qu'ils ont bien eu ma facture entre les mains à un moment et qu'elle ne peut pas s'être volatilisée comme ça, le tout sous le regard étonné de la foule expectative se demandant qui est cet étranger qui hausse la voix et perturbe le dessin animé débile montré simultanément sur toutes les télés. Finalement, ma clé USB descend du ciel par l'ascenseur et, plus d'une heure après être entré dans le Darty, je ressors avec mon achat sous le bras.

Il n'y a pas de moralité à cette histoire, sinon qu'elle a constitué l'épisode traumatique de mon retour à la civilisation.

27.12.2006

Mercedario - J7 - De Pirca de Indios à San Juan

Départ peu après 7h. Il fait assez chaud mais on voit défiler des nuages de neige au-dessus du Mercedario. Il semble que nous nous soyons bien glissés dans un trou de souris météo pour faire cette ascension. Aujourd'hui, ce doit souffler fort là-haut.
En redescendant, nous retraversons ces pénibles pénitents juste au-dessus de Cuesta Blanca. C'est moins long qu'à l'aller car nous traçons tout droit mais les genoux en prennent un coup.
Plus loin, quelques troupeaux de guanacos, ces étranges animaux hybrides entre le mouton et le lama. Nous les voyons d'assez loi et encore disparaissent-ils rapidement hors de vue. Ces animaux sont assez sauvages et il est difficile de simplement les apercevoir. La montagne étant déserte, ils sont encore imprudents. Plus tard dans la saison, nous ne les aurions même pas vus.
Peu après, nous atteignons le refuge du premier jour. Nous apprenons que les deux italiens qui étaient sur l'autre versant, sont repartis ce matin sans avoir pu atteindre le sommet. Annibal, qui arrive vers 15h nous le confirme: de tout le mois de décembre, il n'y a eu qu'une seule journée favorable: hier et seulement hier. Les grimpeurs de l'Aconcagua en ont aussi profité. Je me demande ce qu'il est advenu de Jean-Marc et Gérard, les deux français qui partaient vers le Camp 3 lorsque nous redescendions. Ont-il pu profiter de cette unique fenêtre?

Le retour vers San Juan est long. Il est presque 21h lorsque je dépose mes affaires à l'hôtel. Retour à la civilisation après une semaine dans la nature. Je retrouve avec plaisir les rues piétonnes animées et les terrasses bondées des cafés de San Juan.

26.12.2006

Mercedario - J6 - Summit Day

Le vent a soufflé en continu toute la nuit. Pas fort mais suffisamment pour nous dissuader de commencer l'ascension de nuit.
Nous attendons dans la tente l'arrivée du soleil qui, peu avant 7h, améliore sensiblement les conditions. Le vent tombe, comme par miracle.

Il fait -5°C lorsque nous nous mettons en route. La première heure et demie est assez raide, nous faisant passer de 5700m à 6200m. La vue sur les environs est plus belle à chaque foulée.
Puis vient une longue traverse qui nous fait rejoindre le premier sommet du massif du Mercedario. Naturellement, le véritable sommet est le dernier d'une longue série de petits sommets. Ce n'est pas très long mais à plus de 6700m, chaque pas compte.
4h30 après être partis du Camp 3, nous atteignons le sommet. Le GPS indique 6725m.

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Gabriel est surpris par la rapidité de notre ascension. Il comptait plutôt 6-7h. Sans doute est-ce aussi grâce à une excellente acclimatation. Voilà près d'un mois que j'évolue à plus de 4000m, cela compte. Gabriel, quant à lui, revenait tout juste d'une expédition au Mont Pissis (près de 6800m).
Du sommet, on peut voir au loin (200kilomètres) le massif de l'Aconcagua (regrets, regrets…). Aussi, tout proches, La Mesa et La Ramada. La vue, dégagée, claire, est magnifique. Belle récompense pour nos efforts et douce revanche après les déboires de l'Aconcagua.
Nous ne restons pas longtemps au sommet. Le vent se lève et apporte avec lui des nuages de neige.

La descente s'effectue au pas de course, comme toujours lorsque le sentier le permet. Nous sommes de retour au Camp 3 à 13h30. Le temps de se rassasier et nous plions la tente. Pour gagner du temps sur la journée du lendemain qui doit nous ramener au refuge de Laguna Blanca et pour éviter de repasser une nuit agitée par les vents, nous redescendons au Camp 2.

25.12.2006

Mercedario - J5 - De Pirca de Indios à La Olhada

Le vent est un peu tombé mais ce n'est pas encore l'idéal. Nous plions la tente et nous mettons en route vers 9h. Objectif: le Camp 3 – La Olhada – 5700m.
Le chemin monte en zig-zag jusqu'à Pirca de Indios Superior puis nous devons franchir un col avant d'arriver au Camp 3. Cette dernière partie est très exposée et nous affrontons un violent vent de face. Rien de comparable à l'Aconcagua, cependant. On avance quand même, avec plus de difficultés mais on avance.
Au Camp 3, nous dégageons un endroit de sa neige résiduelle et plantons la tente.

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Ca ne s'annonce pas trop mal pour la journée du lendemain. Ce que nous confirme Annibal par téléphone: demain sera la seule et unique fenêtre, les conditions vont se dégrader dans les prochains jours.
Un jour acceptable dans tout le mois de décembre: je suis bien décidé à ne pas laisser passer cette occasion.

Du camp 3 au sommet, il faut compter 7h. Puis nous voulons redescendre au Camp 2 pour passer la nuit.

24.12.2006

Mercedario - J4 - Pirca de Indios

Les prévisions de la veille semblent se réaliser. Nous nous réveillons à l'aube tandis que d'inquiétants nuages noirs enveloppent le Mercedario.
La journée d'aujourd'hui doit nous mener au Camp 3, assez exposé. Gabriel et moi décidons d'attendre jusqu'en milieu de journée pour décider si nous repoussons notre départ au lendemain.
Nous rappelons Annibal. Ce dernier nous conseille de différer notre départ au lendemain. Nous subissons la fin d'une petite tempête qui a eu lieu plus au sud et les conditions devraient s'améliorer dans les prochains jours.
Rien d'autre à faire qu'à patienter. Cela fait partie des aléas de ce genre d'expédition. Au début, j'enrageai, pestant contre cette perte de temps et tournant dans la tente comme un lion en cage. Aujourd'hui, je prends ces inévitables attentes avec beaucoup de philosophie. Et puis Gabriel est d'une agréable compagnie. Jeune, il connaît pourtant déjà bien les montagnes de la région (c'est sa troisième expédition au Mercedario). Il me parle de ses expériences, de sa petite amie, guide elle aussi, de ses projets d'avenir…

Joyeux Noël à tous! Nous débouchons une (demie) bouteille de champagne rosé pour marquer le coup.

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23.12.2006

Mercedario - J3 - De Cuesta Blanca à Pirca de Indios

Nous levons le camp peu avant 9h. Le vent est tombé depuis une heure et les conditions météo sont idéales.
Très vite, nous devons traverser un champ de pénitents. Il faut se battre pour faire un passage dans ces formations dures de glace et de neige qui recouvrent le sentier. Impossible d'aller tout droit, la pente est trop raide. Nous procédons en zig-zag et ce pendant près d'une heure et demie. Le sac me paraît toujours aussi lourd.
Au sortir des pénitents, nous entamons une partie plus facile, un sentier en pierres assez consolidées. Mais le vent souffle fort sur cette portion exposée et rend notre progression difficile.
Près de cinq heures après avoir quitté le camp 1, nous atteignons Pirca de Indios (5100m). Le site est protégé du vent mais quelques rafales çà et là parviennent à secouer notre tente.

L'après-midi, nous appelons Annibal par téléphone cellulaire (!). Les prévisions météo pour le lendemain ne sont pas bonnes: vent, froid, nuages… Hum, un sale goût de déjà vu…

22.12.2006

Mercedario - J2 - de Laguna Blanca à Cuesta Blanca

Le sac est très lourd, sans doute près de 25 kilos. Nous prenons le matériel et toute la nourriture pour pouvoir passer jusqu'à 8 jours là-haut, prévoyant un maximum de trois jours d'attente météo.

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Il y a trois camps intermédiaires avant d'attaquer le sommet:
- Cuesta Blanca (4300m)
- Pirca de Indios (5100m)
- La Olhada (5700m)
Nous partons du refuge de Laguna Blanca situé à 3300m.

Nous suivons un ancien de chemin de camion aujourd'hui abandonné. La région fait en effet l'objet depuis plusieurs années de prospections minières ininterrompues. Pour l'instant, les entreprises n'en sont qu'au stade de l'évaluation des réserves de cuivre. Le développement industriel n'a pas encore été décidé.

Au début, tout va bien. Et puis, au fur et à mesure que nous cheminons sur un sentier que, parfois, on devine à peine, ce fichu sac commence à me peser. Chaque pas réclame un effort et j'ai l'impression de marcher avec des poids attachés aux pieds. Pour parfaire une situation déjà pénible, le vent se met de la partie. Pas froid mais assez fort, et de face évidemment.
Tout cela pour dire que lorsque nous arrivons au camp 1 vers 15h, je suis fourbu. Pas de tout repos vraiment cette première journée de marche qui nous aura vu avaler un dénivelé de plus de 1000m.

Nous sommes seuls dans la montagne. Il y aurait deux grimpeurs italiens sur l'autre versant. Le Mercedario n'a pas encore été gravi cette saison.

21.12.2006

Mercedario - J1 - De Mendoza au refuge de Laguna Blanca

Annibal vient me chercher à l'hôtel à 8h30. Annibal est un guide argentin avec qui j'avais gravi les sommets de La Mesa et La Ramada l'année dernière. Il est sans doute le meilleur spécialiste de ces régions autour de San Juan, moins populaires mais aussi intéressantes que le massif de l'Aconcagua. Cette année, il ne fait que m'accompagner au camp de base du Mercedario, trop occupé à gérer son agence pour guider (www.mercedario.com.ar).
Du coup il me présente celui qui sera mon guide: Gabriel, un jeune guide de 22 ans sorti de l'Ecole Des Guides il y a deux ans. Bavard, expansif, très sympa, le courant passe tout de suite entre nous.

La route est longue jusqu'à Laguna Blanca. Route de montagne, sinueuse, qui traverse des paysages arides. Nous arrivons à 15h30. Il y a là un refuge abandonné dans lequel nous allons dormir.

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Soirée agréable, tranquille, sans le moindre souffle de vent.

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