09.06.2007

Retour à Bangkok

Je quitte Phuket en milieu d'après-midi, après avoir visité l'intéressant aquarium et flâné quelques heures sur les plages de Patong et Kata. Phuket est une presqu'île très développée, vouée au tourisme de masse et manque un peu du charme rustique que l'on pouvait trouver il y encore quelques années sur des îles comme Ko Samui ou Ko Phi Phi. Inutile de songer à loger dans un petit cabanon en bord de mer. Il n'y en a plus depuis longtemps et ils ont été remplacés par des hôtels de luxe. Il faut cependant reconnaître que chaque construction respecte dans la mesure du possible l'environnement local, s'intègre dans le paysage et dépasse rarement quatre étages. Les plages sont très propres et attirent chaque année de nombreux étrangers qui viennent parfois s'y installer définitivement. Le marché de l'immobilier est en effervescence permanente mais les prix restent bas, tout au moins pour nos standards européens : un grand appartement dans un condominium moderne avec vue sur la mer coûte 150,000 euros.

Bangkok est littéralement repeinte à l'effigie du roi Bhumipol, dont on fête ce week-end les 80 ans, dont près de 60 ans de règne. La popularité du roi est immense en Thaïlande et ses décisions sont suivies unanimement par la population. S'il respecte en général le jeu démocratique, il lui arrive d'intervenir sur tel ou tel sujet, voire de soutenir certains bouleversements "irréguliers", comme ce fût le cas lors du coup d'état de septembre dernier. Alors, sa seule parole suffit à faire taire les opposants et à rallier le peuple à ses vues. Il est un souverain plutôt modeste qui semble vouloir sincèrement le bien de son peuple et passe la plupart de ses journées à superviser des projets sociaux dans les parties les plus reculées du royaume.

08.06.2007

Du 05-06-07 au 08-06-07, plongée autour de Phuket

Quatre jours de plongée à partir de Chalong Bay avec Phuket Pro Dive (http://www.phuket-scuba-diving.com), une agence de plongée tenue par un canadien excentrique marié à une sympathique japonaise. Je crois que je les ai choisis parce qu'ils étaient les plus réactifs par e-mail. De toutes façons, eux comme les autres clubs de plongée sous-contractent le bateau. Ainsi, chaque jour, nous nous sommes retrouvés à plusieurs clients de différents clubs sur le même bateau. C'est aussi la morte saison et nous n'avons jamais été plus d'une petite dizaine sur le même bateau (sauf le dernier jour...), encore tous ne plongeaient-ils pas.

Les conditions de mer étaient bonnes, la visibilité excellente (entre 20 et 30 mètres). Il faut entre 1h30 et 3h de bateau pour se rendre sur les sites. Les plongées sont variées : épave, fond sableux ou corail dur, mur etc. Même si la qualité de la faune et de la flore marine n'égale pas celle que l'on peut trouver à Sipadan, dans le nord de Sabah, la partie malaisienne de l'île de Bornéo, il n'empêche que ce sont des plongées agréables où l'on peut observer une grande variété de poissons tropicaux, avec quelques rencontres sympathiques : requin-léopard, tortue, murène géante, poulpe, raie, gambas, nudibranches, etc…

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Parmi les autres plongeurs, un brave père de famille suédois m'a abordé, m'apprenant qu'il était artiste-peintre, spécialisé dans les aquarelles de vie sous-marine. Il prend quelques photos lors de ses plongées et s'en inspire, de retour chez lui pour peindre ses toiles. Par curiosité, je suis allé voir sur son site (www.fohlin-svanberg.com) et, si certaines œuvres ne sont pas trop à mon goût, il y a en revanche d'autres toiles plus réussies. Je lui en emprunte une, certain qu'il ne m'en voudra pas de faire partager son talent avec d'autres.
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Le lendemain, j'ai plongé en double avec Jeff, un américain caricatural, (1,90m, plus de 100 kilos). Dans le pick-up qui nous amenait au quai, il m'expliqua longuement que, compte tenu de sa grande expérience en plongée sous-marine, il était généralement le premier à descendre et le dernier à remonter, tant sa consommation d'air était faible. Sous-entendu, puisque tu n'es que "Adanced" alors que j'ai le niveau "Rescue", inutile de t'accrocher pour me suivre. Tiens, vue sa stature, voilà bien une performance, me disais-je. Première plongée, un peu profonde (35m), il remonte au bout de 35 minutes. Bon, soyons indulgents pour cette première fois. Deuxième plongée, je le vois faire le signe "low on air" alors qu'il me reste plus de 100 bars! Troisième plongée, alors qu'il s'était pourtant tenu pendant toute la plongée (nous n'étions pas allée plus bas que 18m) à 4-5 mètres au-dessus du divemaster, il demande à remonter au bout de quarante malheureuses minutes. Sacré Jeff! A notre époque, le ridicule ne tue plus personne. Sinon l'Amérique serait déjà dépeuplée…

Finalement, la plus mauvaise sortie aura été le troisième jour puisque j'ai eu la malchance de tomber en même temps qu'un groupe d'heureux clients du Club Med'. Et j'ai ainsi passé la journée au milieu d'une quinzaine de Bidochons dont on aurait dit qu'ils tenaient absolument à se couvrir de ridicule. Une jeune fille, ayant le mal de mer, a passé la moitié de la journée enfermée dans les toilettes en train de repeindre la cuvette. Une mère et son fils déjà adulte ont passé leur temps à se chamailler. La même mère – décidément ce n'était pas son jour – s'est pris un savon de la part d'un couple de suisses pour avoir marché sur leurs détendeurs et leurs ordinateurs. Tout ce monde trouvait pourtant le temps et les mots pour exprimer leur mécontentement vis-à-vis des habitants du pays dont ils sont pourtant les hôtes. "Oui, les Thaïlandais, pas francs…on ne sait jamais ce qu'ils pensent…la bouffe trop épicée…et puis il fait vraiment chaud…ils conduisent mal, trop vite (ils auraient aussi pu dire "du mauvais côté")... le divemaster n'a pas respecté le palier de sécurité…la plongée a duré 55 minutes au lieu d'une heure prévue…". Et les rares qui n'étaient pas agressifs ou aigris ou les deux débitaient des propos d'une banalité consternante ("oui, moi j'ai une chemise Armani, bande jaune, très sport mais je ne mets pas de cravate avec…légèrement ouverte sur le torse, c'est comme ça qu'il faut la porter").
Dure journée. Heureusement, sous l'eau, on ne les entendait plus.

Et pendant que la vie semble suivre son cours comme avant pour la majorité des thaïlandais, des événements extraordinaires ont lieu à la tête de l'état. Outre le paradoxe d'un coup d'état militaire il y a quelques mois après lequel les droits de l'homme ont été plus respectés que par le régime démocratique qui l'avait précédé, un parti politique tout entier (le Thai Rak Thai de l'ancien premier ministre Thaksin Shinawatra) qui compte encore 17 millions d'affiliés vient d'être purement et simplement éliminé de la scène politique suite à une décision de justice. Ceci à la veille d'une autre décision, du gouvernement militaire cette fois, qui autorise la reprise de l'activité politique en vue de tenir des élections générales à la fin de l'année. Et l'ex-premier ministre, aujourd'hui réfugié à Londres et que la nouvelle semble avoir laissé indifférent, est tranquillement revenu à son métier premier (homme d'affaires) et tente, sans honte, d'acquérir le club de football de Manchester City pour la modique somme de 14 millions de livres sterling. Le championnat anglais est suivi avidement par les thaïlandais et les droits de retransmission télévisée alliés à l'argent des sponsors en font des investissements extrêmement rentables.

04.06.2007

De Bangkok à Phuket en passant par la Mongolie

Mon séjour en Thaïlande sera bref. Comme je l'ai déjà dit, je connais déjà ce pays et, même si je pourrais y passer encore plusieurs mois, je préfère visiter des endroits que je ne connais pas. La nouveauté, l'inconnu me motivent et je ne suis pas de ceux qui prennent racine. Je prépare donc mon visa pour la Mongolie.

Le site web de l'ambassade de Mongolie à Bangkok n'a pas été mis à jour depuis février 2006. A cette époque, il fallait une lettre d'invitation émanant d'une agence de voyage mongole pour obtenir un visa touristique. Cette procédure lourde a été supprimée depuis quelques mois mais deux précautions valent mieux qu'une et je téléphone à l'ambassade avant de m'y rendre. Un employé me répond dans un anglais approximatif que la lettre d'invitation est toujours nécessaire mais que je ferais mieux de passer pour m'en assurer! Une heure plus tard, je suis sur place, une maison assez chic dans un quartier résidentiel, assez difficile à trouver en fait car l'adresse donne un nom de rue mais l'ambassade se situe en fait dans une rue parallèle qui porte le même nom! Là, une gentille employée thaïe me dit, à mon grand soulagement, que la lettre d'invitation n'est plus nécessaire (bonne nouvelle car je n'en ai pas…) mais que pour le paiement, je dois me rendre à la banque commerciale du Siam car l'ambassade n'accepte pas les dépôts en liquide. C'est dire à quel point les autorités mongoles font confiance à leurs représentants à l'étranger. Heureusement la banque n'est pas bien loin.

L'après-midi, je récupère mon passeport avec mon visa dûment établi et prends l'avion à destination de Phuket. L'objectif de ces quelques jours étant de plonger, j'ai longtemps hésité entre Phuket et Koh Tao mais je me suis décidé pour Phuket surtout parce que c'est un coin de la Thaïlande que je connais peu. Je loge sur Kata Beach, un peu à l'écart (mais pas trop quand même…) de l'agitation frénétique de Patong Beach.

03.06.2007

La France vue de Thaïlande

Le Bangkok Post d'aujourd'hui consacre une double page intérieure à notre nouveau couple présidentiel. Rien à voir avec la politique, on traite ici du côté "people" des hôtes de l'Elysée. Et de comparer Mme Sarkozy avec la défunte Jacqueline Kennedy pour leur goût commun des vêtements de mode à prix d'or portant la marque des grands couturiers. De là à identifier le président avec JFK, il n'y a qu'un pas, que l'auteur de l'article franchit sans sourciller. Vu de Thaïlande, nous venons donc d'élire un couple jeune (!) et dynamique, qui va sortir la France de la morosité dans laquelle elle est plongée actuellement. Que l'un fût un candidat démocrate aux visées essentiellement humanistes, promoteur de l'idée de paix universelle entre les nations alors que l'autre est un ultra-libéral dont le moins qu'on puisse dire est que le sort des plus défavorisés lui est parfaitement indifférent, cette différence minime ne vaut sans doute pas la peine d'être mentionnée…

Il y a trois ans, lorsque je m'étais rendu au Panthip Plaza, j'avais eu du mal à trouver un vendeur de DVDs copiés. D'ailleurs, après que j'eus choisi mes films parmi les jaquettes de présentation et fus revenu quinze minutes plus tard pour emporter mes films, le vendeur en question, l'air penaud, m'avoua qu'il ne pouvait pas les faire venir pour cause d'opération policière en cours. Il y a comme ça des périodes où, sous la pression de l'OMC, les autorités thaïlandaises tentent d'endiguer le trafic et font des descentes prolongées dans les lieux bien connus de revente. Aujourd'hui, ce n'est pas le cas. Aujourd'hui, les vendeurs ont repris leur place dans leurs stands et proposent au vu et au su de tous des centaines de DVD à 2euros pièce. Mais il n'y a pas que des DVDs au Panthip PLaza et je suis toujours émerveillé devant les 7 étages de ce magasin qui ferait passer Surcouf pour une vague arrière-boutique sans intérêt.

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Je profite de l'occasion pour rajouter 1Go de mémoire RAM sur mon portable.

Je déjeune avec mon ami Zulkarnain, un indonésien en expatriation à Bangkok. Nous nous étions rencontrés lors de mon premier passage en Indonésie, en 1998. Il est à Bangkok depuis maintenant trois ans avec sa femme et ses deux enfants et termine son expatriation dans quelques semaines. Enthousiaste (certes il l'était aussi en Indonésie), il a adoré son expérience thaïlandaise. Ce n'est pas toujours évident d'envoyer des indonésiens dans des pays étrangers : la barrière de la langue, les difficultés culturelles sont encore plus difficiles à surmonter du fait, souvent, des différences religieuses (l'Indonésie est le plus grand pays musulman du monde). Zulkarnain n'en a que plus de mérite, qui me parle sans parti pris des bons et des mauvais de son pays à la lueur de ses années passées à l'étranger.

02.06.2007

A Bangkok

L'aéroport n'est pas la seule construction récente à Bangkok, loin s'en faut. En dix ans, la ville s'est transformée et les embouteillages monstrueux qui en faisaient un véritable enfer ont virtuellement disparu. Un métro aérien a été construit, dont l'extension jusqu'au nouvel aéroport est en cours d'achèvement. Quelques années plus tard, c'est un métro souterrain qui a encore permis d'alléger le trafic automobile. Il y a dix ans, il n'était pas rare de mettre plus de deux heures pour sortir ou rentrer dans la ville. Aujourd'hui, le même trajet se fait en 45 minutes maximum.

Mais il y aussi des côtés négatifs. Une artère commerçante et autrefois populaire comme Sukhumvit a été complètement repensée. Les vieux bâtiments ont tous été abattus pour faire place à de gigantesques centres commerciaux où se bouscule à présent l'aristocratie thaïlandaise, tandis que les plus pauvres continuent à dormir dans des cabanons sur les chantiers de construction des futurs gratte-ciels. Il est aujourd'hui plus facile de manger italien ou coréen que thaïlandais, et plus facile également d'acheter un tapis indien ou des oeuvres tibétaines que de l'artisanat thaïlandais. Mais il faut bien reconnaître que ce pays n'a pas mis longtemps à sortir de la crise de 1998 qui avait vu sa monnaie plonger face au dollar. En moins de deux ans, après nombre de faillites, les constructions dans le pays avaient repris et aujourd'hui ne semblent pas vouloir s'arrêter.

Le renouveau industriel du pays semble aller de pair avec une volonté de renouveau politique. Corruption et népotisme sont certes de mise, mais dans une certaine mesure. Pour n'avoir pas su mesure garder, l'ancien premier ministre Thaksin Shinawatra a été déposé en douceur par les militaires en septembre dernier. Aujourd'hui réfugié à Londres, il a été condamné à cinq ans d'inéligibilité (près de 100 députés sont sous le coup de la même sanction), et le parti politique qu'il avait crée, le Thai Rak Thai, entièrement démantelé.

01.06.2007

Arrivée en Thaïlande

Au moment de prendre un taxi pour me rendre à l'aéroport de Kathmandou et m'envoler vers Bangkok, j'apprends qu'une grève générale des transports a commencé ce matin dans tout le pays. Evidemment, il n'y avait rien dans le journal – la presse népalaise ayant de toutes façons l'habitude de suivre l'événement et non de le précéder. Je réussis tant bien que mal à trouver un taxi mais celui-ci me demande trois fois le prix habituel ; c'est normal, il y a danger sur la route, me dit-il. Euh…bon, on va essayer autre chose. J'aperçois un bus à l'arrêt au milieu de Thamel Chowk. Il a été mis en place par les autorités et assure la navette entre les principaux hôtels et l'aéroport "for tourists only". Je saute dedans et c'est sous bonne escorte (trois gardes armés) que nous parvenons à l'aéroport. Kathmandou est d'habitude une ville polluée et embouteillée ; aujourd'hui, elle est d'un calme tout relatif, étrange en fait avec ses routes vides de voitures où seuls circulet une foule assez imposante de piétons. Je lirai plus tard que la grève est relative à certaines revendications régionales, le droit de conserver l'enseignement d'une langue locale par exemple et que le mouvement a obtenu le large soutien des maoïstes, toujours prompts à défendre les intérêts des communautés, même s'ils ont rejoint le gouvernement de coalition.

La première fois que j'ai mis les pieds à Bangkok, c'était en été 1996 à l'occasion d'un stage industriel qui allait déterminer mes choix professionnels futurs. J'y suis retourné plusieurs fois depuis et j'ai parcouru la Thaïlande du nord au sud et d'est en ouest, depuis les collines de pavot autour de Chiang Rai jusqu'aux plages de sable blanc de Koh Samui, de la région misérable de Khorat aux anciennes zones de refuge des khmers rouges le long de la frontière cambodgienne. J'aime ce pays et ses habitants pour l'accueil toujours cordial qui m'y est réservé, pour la cuisine exceptionnelle, pour les logements simples et bon marchés, pour les transports nombreux, confortables et rapides, enfin pour tout ce qui en fait légitimement la deuxième destination touristique au monde.
J'arrive à Bangkok en début de soirée après un vol de trois heures depuis Kathmandou. Nous atterrissons au nouvel aéroport de Suvarnabhumi. Construit lors des années Thaksin, sur lesquelles j'aurais l'occasion de revenir, ce bel édifice a été réalisé sans l'aide d'entreprises étrangères, pour des raisons budgétaires bien sûr mais aussi afin de faire travailler un certains nombre de sous-traitants dont il s'est avéré plus tard qu'ils étaient la propriété de l'intègre premier ministre. Le résultat est consternant : achevé en juillet 2006, le nouvel aéroport n'est mis en service que partiellement. Les pistes d'atterrissage et de décollage commencent à se fissurer tandis que le nombre de toilettes s'est révélé insuffisant pour le nombre de passagers. Quelques mois après la mise en service de Suvarnabhumi, l'ancien aéroport de Don Muang est toujours en service et Thaï Airways y a conservé l'ensemble de ses vols domestiques.