28.02.2007
Calcutta, premier jour
Le temple de Kali de Calcutta est l'un des rares dédiés à la terrible déesse. Une foule massive s'y presse dès le matin et je ne parviens pas à échapper à la rapacité des pseudo-prêtres qui attendent les visiteurs à peine sortis de la bouche de métro. De plus, il n'y a rien d'intéressant dans ce temple et le mélange de boue et de sable qui en recouvre chaque partie du sol ajoute un sentiment de dégoût physique au rejet moral qu'il inspirait déjà.
Le temple jaïn de Sri Radha Krishna, de construction récente (achevé en 1996) apparaît du coup comme un havre de paix d'une propreté limpide. Edifié en marbre blanc, il affiche une volontaire sobriété dans les bas-reliefs. On est loin ici des sculptures exubérantes des temples de Belur et Halebid mais cela n'enlève rien à l'atmosphère paisible de ce lieu baigné dans une musique religieuse enivrante.
Il y a beaucoup à voir et à faire à Calcutta mais la circulation y est vraiment infernale. Même dans la neffe de la cathédrale Saint-John, censée être un lieu de silence et de recueillement, les milliers de coups de klaxon des automobilistes déchaînés parviennent à s'infiltrer, comme si ce dernier rempart de paix et de méditation ne pouvait décidément rien contre l'environnement indien fait de bruit et de fureur.
Une chose intéressante, encore plus à Calcutta mais vraie dans tout le pays, est l'absence de ressentiment particulier à l'égard des anglais. Tout se passe comme si cette période de l'histoire indienne, qui a pourtant coûté cher en vies humaines, était à présent intégrée et ne suscite plus ni haine ni regrets. Les noms de rues sont écrits en hindi et en anglais, c'est le cas également des inscriptions sur la plupart des bus, dans le métro et dans les magasins.
Le soir venu, Sudder Street s'anime d'une foule hétérogène de routards se dirigeant vers la gare pour y prendre un train de nuit pourchassés par une horde de chauffeurs de taxi à la recherche du client et de gamins en guenilles tentant une dernière fois d'obtenir une piécette avant d'aller rejoindre leurs parents sur le trottoir où ils passeront la nuit, abrités d'une simple toile de jute.
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La Maharani, G. Mehta
Ecrit par une indienne de la haute société, "La Maharani" raconte les dernières années de l'Inde royale avant l'inclusion dans la république indépendante de 1950. A travers le destin de la maharani (épouse de maharaja) Djaya de Sirpour, nous assistons à la fin d'une époque dont les racines plongent aux origines de l'histoire du sous-continent. Les souverains de ces centaines de petits royaumes y sont dépeints au mieux comme des êtres idéalisant un passé omniprésent et incapables de prendre en marche le train du progrès, au pire comme des jouisseurs décadents dilapidant en femmes et en faste la fortune royale au mépris de leur misérable peuple. La Couronne britannique n'a pas non plus le beau rôle, faisant tout pour retarder le processus d'émancipation en jouant les réformistes du Parti du Congrès contre les tenants de la Ligue Musulmane et en interposant entre les deux les souverains des royaumes dont ils ont fait des pions sur leur échiquier.
Le seul mérite de ce livre est de mettre en avant le (faible) rôle, souvent réfractaire, tenu par les souverains des royaumes dans la marche vers l'émancipation et leur contribution à l'effort de guerre britannique pendant les deux guerres mondiales. Pour le reste, on n'arrive jamais à s'intéresser au destin de cette pauvre maharani qui subit les évènements sans les influencer et ne dissout qu'à contrecoeur son royaume dans l'Inde républicaine, au milieu des pujas quotidiens et dans l'amertume d'une vie affective réduite à néant (père, mère, frère, époux et fils décèdent comme une fatalité au cours du roman). On ressort de ce roman beaucoup trop long et trop lent en se demandant combien de temps les auteurs indiens vont continuer à évoquer ce passage de l'histoire de leur pays marqué par d'atroces massacres mais aussi des dirigeants admirables et commencer à écrire sur la réalité actuelle de leur pays.
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27.02.2007
De Mamallapuram à Calcutta, via Chennaï
Au lever du soleil, toute une armada de bateaux de pêcheurs revient accoster sur la plage déserte. Surgis de nulle part, les acheteurs apparaissent soudain et des discussions animées s'engagent autour des filets contenant la pêche du jour. Dans une lumière douceâtre et paisible, avec le sea shore temple en fond de décor, le soleil dissipe les derniers nuages et le petit village de Mamallapuram s'éveille à l'aube d'un nouveau jour, le dernier pour moi dans le sud de l'Inde.
En début d'après-midi, je prends un bus en direction de Chennaï. Deux touristes autrichiens voyagent avec moi dans un bus curieusement peu rempli. Eux ont fait le trajet Delhi-Chennaï en train pendant plus de trente heures. Après quatre jours dans le Tamil Nadu, ils repartent maintenant vers Goa, sans doute pour un nombre similaire d'heures de voyage. Je me garde de leur dire que les 2500 roupies (environ 45 euros) qu'ils ont déboursés pour voyager en première classe entre Delhi et Chennaï leur aurait sans doute payé un billet d'avion pour le même trajet.
C'est en tous cas ce que j'ai payé pour mon billet entre Chennaï et Calcutta (désormais appelée Kolkata). 2h de vol avec Spice Jet et, pour la quatrième fois avec quatre compagnies différentes, le même service irréprochable et la même ponctualité. Les compagnies aériennes nationales indiennes m'auront impressionné.
Dans l'avion, je fais la connaissance de Teija, une finlandaise bien en chair mais très sympathique. A notre arrivée à Calcutta, nous partageons un taxi vers Sudder Street, le repaire des routards débarquant à Calcutta. Il est plus de 21h mais les rues sont encore pleines d'une foule dense et compacte. Notre chauffeur peine à se frayer un chemin entre les piétons, les motos et les pousse-pousse dont les passagers bedonnants sont tirés par des indiens squelettiques. Ce sont les derniers pousse-pousse d'Inde et ils sont voués à disparaître sous peu car accusés de perturber la fluidité du traffic.
L'hôtel qu'avait réservé Teija se révèle être une porcherie infecte et ma présence rassurante la conforte dans sa volonté de chercher autre chose. Moi, de toutes façons, je n'avais rien réservé. Nous traversons la rue, marchons 10 mètres et tombons sur une chambre lumineuse avec un grand balcon et une salle de bain très propre, pour la moitié du prix (200 roupies, soit moins de 4 euros) que demandait l'autre pour son placard à balai.
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26.02.2007
De Pondichéry à Mamallapuram
Je quitte Pondichéry un peu à regrets. J'aurais aimé visiter la communauté d'Auroville, à seulement 10 kilomètres de là. Fondée à la fin des années 60, elle a pour vocation d'être un refuge de paix et d'harmonie pour tous les peuples au-delà des croyances et des nationalités. Près de 2000 personnes y résident en permanence. Ayant entendu quelques commentaires cyniques sur cette expérience, je préfère conserver la noblesse de l'idée plutôt qu'assister à l'échec de la réalisation.
A 2 heures de route de Pondichéry, le petit village de Mamallapuram abrite une stupéfiante variété de monuments architecturaux datant de l'époque Pallava (Xème siècle ap. J-C).
Les cinq Rathas à l'extrême sud du village ont été excavés par les anglais il y a seulement 200 ans. Ce sont des temples ou sculptures monolithiques regroupés sur un petit périmètre. Les représentations de divinités sur les flancs des monuments sont d'une finesse impressionnante. Tout aussi impressionnant, le mur d'Arjuna entièrement ciselé par des motifs tirés d'un récit épique (Panchatantra). L'état de conservation de ces représentations vieilles de plus de 10 siècles est remarquable.
Mais il y a beaucoup d'autres curiosités : caves sculptées, temple en bord de mer, gopuram en ruine, qui semblent posées là, un petit peu au hasard dans un décor naturel de rocher et de palmiers au milieu duquel il serait agréable de se perdre sans les innombrables papiers et plastiques qui jonchent immanquablement les sentiers de cet endroit assez populaire parmi les touristes indiens.
Les nombreux sculpteurs de Mamallapuram perpétuent la tradition de leurs ancêtres et façonnent à longueur de journée des œuvres d'une finesse extrême qui sont exportées partout dans le monde. Ce petit village d'artistes et de pêcheurs qui se consacre au tourisme sans y perdre son âme dégage une impression de prospérité comme j'en ai rarement rencontrée en Inde. D'ailleurs, il fait bon se promener dans les quelques rues propres et ombragées derrière le front de mer. Prenant mon dîner à une terrasse surplombant une rue commerçante dont les magasins ferment les uns après les autres en cette heure tardive, je songe que voilà un bel endroit pour mettre un point final à mon séjour au sud de l'Inde.
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25.02.2007
De Chidambaram à Pondichéry
Pondichéry est séparée en deux dans le sens nord-sud par un canal partiellement couvert. Du côté du front de mer s'étend la ville "blanche" où subsistent encore quelques bâtiments et quelques rues témoignant de l'ancienne présence française dans ce qui fût notre dernier comptoir aux Indes. De fait, après avoir traversé je ne sais combien de villes indiennes sales et polluées, ce petit quartier resplendissant dénote d'abord par sa propreté immaculée et ensuite par son calme relatif : peu de circulation dans ces rues pourtant assez larges, il faut s'approcher de l'hôpital pour retrouver le bruit familier et la foule massive.
Si les anglais ont contribué à développer le pays (construction d'un réseau ferroviaire en particulier), c'était d'abord dans l'idée de l'exploiter de la façon la plus rentable qui soit. Pour le reste, ils n'ont construit que des monuments témoignant de leur propre grandeur. A Pondichéry, on a le sentiment que les français se sont aussi attachés à développer un cadre urbain agréable: joli front de mer, jardin fleuri, belles avenues, grandes maisons coloniales s'intègrent parfaitement à l'environnement.
Le soir, je dîne avec Adèle et Anne-Marie. Adèle, 18 ans, a passé plus de quatre mois dans un dispensaire catholique du Tamil Nadu, aidant à soigner lépreux, tuberculeux et sidéens en phase terminale. Anne-Marie passerait facilement pour sa mère en raison de son âge mais aussi d'une certaine familiarité dans le regard. J'écoute avec intérêt le récit d'Adèle sur son expérience, tout en me demandant si j'aurais eu le courage, à son âge, de venir passer quatre mois dans un pays étranger, à la réputation sanitaire désastreuse, au milieu précisément des malades et des mourants. Sans doute pas.
La discussion avec Anne-Marie est plus animée. Beaucoup de choses, presque tout en fait, nous opposent. Vivant à Montréal, mère de trois enfants, elle soutient une vision extrêmement pessimiste du devenir de nos sociétés occidentales: drogue, privatisation de l'enseignement, perte de repères, individualisation à outrance, surconsommation de médicaments, tout est prétexte à noircir un tableau que je m'efforce, sans beaucoup de succès, de rendre plus présentable. Mais je reste persuadé que la situation actuelle, si elle s'est légèrement détériorée par rapport aux années 70, n'en donne pas moins la chance à celui qui veut la saisir de modeler sa vie et celle de ses proches à son idée. A condition bien sûr de ne pas tout attendre du système et de prendre sa destinée en mains.
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24.02.2007
De Trichy à Chidambaram, via Tanjore
Je quitte Trichy à l'aube en direction de Tanjore. Là, la visite du temple de Brihadishwara m'occupe une partie de la matinée. Construit initialement au XIème siècle, il a fait l'objet d'ajout à différentes époques ultérieures sans pour autant le dénaturer. Il en résulte un ensemble de monuments à la fois grandioses et harmonieux, moins monotones que peuvent l'être les temples de Maduraï ou de Trichy. En comparaison, le Palais de Tanjore paraît terne et fade, malgré la jolie collection de sculptures en bronze qu'il abrite.
La ville de Chidambaram est la dernière étape de la journée. Il faut presque quatre heures de bus depuis Tanjore pour y arriver. La route, qui sépare pourtant deux villes d'importance régionale, serait à peine qualifiée de départementale en France. Une seule voie dans chaque sens et les habituelles files ininterrompues et indisciplinées de cyclistes, chariots tirés par deux zébus, piétons et chèvres envahissent le bas-côté ne laissant au pauvre conducteur de bus qu'un étroit passage au milieu de la route. Le problème n'est pas spécifique à la région du Tamil Nadu. Dans toute l'Inde, les infrastructures routières n'ont pas évolué depuis des années, les routes sont saturées alors qu'il n'y a encore que peu de véhicules en circulation relativement à la population : 33 millions de véhicules particuliers (voitures + motos) réussissent à donner une impression de surcharge démentielle aussi bien en ville que sur les axes routiers.
Chidambaram est construite autour du temple de Nataraja. S'il comporte les habituels gopuram sculptés de divinités hindoues délimitant ses frontières, il se démarque des autres temples par la présence d'un magnifique bassin purificateur où les fidèles vont effectuer leur puja quotidien.
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23.02.2007
De Maduraï à Trichy
Le matin je quitte Maduraï en train en direction de Tiruchirappalli, plus communément appelée Trichy. Le parcours traverse des champs cultivés bordés de palmiers et délimités au loin par les collines de Nilgiri. Tout a l'air propre et bien ordonné, comme un contraste volontaire avec l'aspect chaotique des villes.
Trichy est plus calme que Maduraï en ce sens qu'il peut s'écouler des intervalles de 5 à 10 secondes entre deux coups de klaxon. Le seul moyen d'échapper au harcèlement sonore consiste à se réfugier dans un temple. Le premier que je visite, celui de Sri Jambukeshwara, dédie à Shiva, est un peu en dehors de circuits touristiques. Un gentil prêtre me guide dans le dédale de piliers et me fait pénétrer dans une salle, normalement réservée aux seuls hindous, qui contient une effigie peinte de la déesse Kali. On représente traditionnellement Kali avec quatre bras, celle-ci en a 25 mais je suis déjà bien content d'avoir vu cette représentation et je me garde d'interroger plus avant le prêtre sur l'origine du facteur démultiplicateur. En sortant, après que j'eus quitté mon guide, non sans lui avoir laissé un généreux pourboire pour ses bonnes œuvres, un fidèle indien m'arrête, me serre la main en souriant et me dit avec douceur :"Welcome to India, sir. Thank you". Sans dire un mot de plus, il me dépasse et je reste stupéfait de la spontanéité de ses paroles, me demandant si moi aussi, voyant un indien visiter Notre-Dame de Paris, je serais capable de lui tendre la main pour lui souhaiter la bienvenue. Certainement pas en fait et c'est ce qui fait l'un des charmes de ce pays, une tolérance extrême alliée à une tendre douceur en opposition totale avec l'hostilité de l'environnement.
Près de mon hôtel, un indien professeur de français, Mohammed, commence à discuter avec moi. Comme il me demande ce que je fais dans la vie, je lui réponds que je travaille pour une compagnie pétrolière. Où ça? Me demande-t-il. Au Gabon, dernièrement. Il me dit alors que, à l'aéroport de Roissy, en mai dernier, il a fait la connaissance d'un pétrolier qui travaillait également au Gabon, Peter Hook. Or il se trouve que je connais très bien Peter Hook, un néo-zélandais, chef de chantier sur l'un de nos appareils de forage. Ainsi donc, entre la France, l'Inde, le Gabon et la Nouvelle-Zélande, nous sommes arrivés à nous trouver une connaissance commune. Je n'en reviens pas.
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Pather Panchali - S. Ray
"Pather Panchali" ("La Complainte du Sentier", en français) est le premier volet de la trilogie d'Apu. Réalisé par Satyagit Ray en 1955, il a reçu la Palme d'Or au Festival de Cannes en 1956, consacrant ainsi celui qui deviendra le plus grand cinéaste indien de tous les temps.
"Pather Panchali" raconte la naissance d'Apu et sa petite enfance dans un village pauvre du Bengale. La mère d'Apu s'épuise en tâches ménagères, tandis que le père d'Apu, brave homme un peu idéaliste, peine à gagner suffisamment d'argent pour nourrir sa famille. Apu et sa sœur passent leur journée dans les bois autour de la maison, chipant des fruits aux arbres des voisins et regardant avec effroi et fascination les premiers trains passer dans leur région. La sœur d'Apu va mourir d'une grippe mal soignée au milieu d'un orage de mousson qui va provoquer la destruction de la maison et le départ du reste de la famille vers la ville de Bénarès.
Cinquante ans après, le film est encore bouleversant. S. Ray s'attache à filmer les visages dans un noir et blanc à mi-chemin entre l'expressionnisme allemand et le néo-réalisme italien. Le film est un hommage à la nature, en même temps qu'une dénonciation des conditions difficiles dans lesquelles survivent les familles paysannes bengali.
"Le Monde d'Apu", déjà vu, est le dernier volet de la trilogie.
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22.02.2007
De Varkala à Maduraï
A 2h du matin, le bus s'arrête. 500 mètres plus loin, un virage en épingle à cheveux a provoqué l'arrêt complet du traffic dans les deux sens. Je n'y comprends pas grand-chose et, dans un demi-sommeil comateux, vais me rendre compte. Deux camions se font face dans le virage, il n'y a pas de place pour manœuvrer et les autres véhicules se sont accumulés de chaque côté. En revenant vers le bus, un indien commence à discuter avec moi. Il me dit que ce genre d'embouteillage est courant sur ces routes de collines sinueuses. Lui-même est là depuis 4 heures et il n'a pas avancé d'un mètre. Sur le coup, je me dis qu'il exagère et me rendors paisiblement. Le bus redémarre, j'ouvre les yeux, il fait presque jour : nous sommes restés sur place pendant près de cinq heures!! Et nous arriverons à Maduraï avec un retard équivalent. Evidemment, cette péripétie arrive quelques jours après que j'aie écrit un commentaire vantant la ponctualité des bus de nuit en Inde. Je pense malgré tout que cet épisode restera l'exception qui confirme la règle.
Maduraï est une autre ville indienne poussiéreuse et bruyante. La crasse environnante semble avoir pénétrée jusqu'à l'intérieur du palais Tirumalai Nayak, pourtant classé monument historique. Il ne reste déjà plus grand-chose de ce palais du XVIIème siècle et, même ce qui reste (la cour intérieure et le hall de réception) est dans un état de décomposition avancée entre les fientes des pigeons dont les projections spectaculaires tapissent les dalles de marbre et, sans doute, à l'occasion, le cuir chevelu d'un visiteur, et l'épaisse couche de poussière qui rend presque illisibles les inscriptions sommaires du musée. En visitant ce dépotoir immonde, où sont pourtant entassées des sculptures de toute beauté, je ne peux m'empêcher de penser à la misère culturelle actuelle de cette région qui semble bien peu se préoccuper de mettre en valeur son héritage, pourtant si riche et si diversifié.
Il en va tout autrement du temple de Sri Meenakshi, la principale attraction de la ville. Flanqué des ses quatre gopuram (les gigantesques tours de 50m de haut recouvertes de motifs sculptés) disposés selon les points cardinaux,
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21.02.2007
A Varkala
Au lever du soleil sur la plage de Varkala, quelques touristes font des exercices de yoga rythmés par le son langoureux d'un saxophone.
Le yoga n'est qu'un des aspects de ce qui semble être la spécialité locale : la médecine ayurvédique et son application sur les touristes fascinés par le mysticisme indien.L'Ayurveda plonge ses racines dans les textes premiers de l'hindouisme, les Veda. La maladie y est considérée comme la résultante d'un déséquilibre des forces, les doshas, équivalents pour l'homme des trois éléments fondamentaux (eau, air et feu). Le diagnostic du praticien consiste à comprendre le déséquilibre en question et à proposer le remède approprié, généralement à base de massages, pratique yogique, bains de vapeurs ou encore lavements. L'Ayurveda ne fait pas de différence entre le corps et l'esprit et cherche une solution métaphysique à la maladie par l'accès au complet bien-être corporel et spirituel.
A Varkala, la médecine ayurvédique se résume principalement à proposer massages, bains d'herbes et application de crèmes diverses pour supprimer les rides. Ce qui n'est peut-être pas plus mal…
Spécialité du Kerala, la médecine ayurvédique est cependant répandue dans l'Inde toute entière. Ce qui n'empêche pas 1,5 millions de personnes de mourir chaque année de la tuberculose et près de 4 millions de maladies facilement soignables comme la diarrhée.
Mais l'Inde possède aussi un certain nombre de cliniques privées aux standards internationaux avec des médecins formés en Angleterre et aux Etats-Unis. En 2005, près de 150 000 "touristes" sont venus se faire opérer ici pour un prix entre 5 à 10 fois inférieur à leur pays d'origine (Grande-Bretagne, USA, Canada).
Le soir, je quitte Varkala à destination de Maduraï. Je serais bien resté quelques jours de plus mais la date de mon passage au Bhoutan approche (11 mars) et je ne voudrais pas risquer de rater un rendez-vous pris de si longue date.
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