07.04.2007
Water, D. Mehta
Sortie sur les écrans en 2005, "Water" est le troisième volet de la trilogie des éléments de Deepa Mehta. "Fire" et "Earth" ont fait l'objet de précédentes notes (voir 11-02-07 et 18-02-07). Le DVD de "Water" que j'avais acheté à Bombay s'est révélé en mauvais état et j'ai du attendre Kathmandou pour en retrouver un, fonctionnel celui-là.
En 1930, une jeune fille de huit ans, Chuyia, a été marié à un homme plus vieux qu'elle mais habite toujours chez ses parents en attendant sa puberté. Entre-temps, son mari décède et Chuyia se retrouve veuve. Considérée comme impure selon les critères religieux hindouistes, elle est envoyée dans une maison des veuves. Autour d'elle, une histoire d'amour va se créer entre un jeune avocat idéaliste et une jeune veuve, utilisée par la mère supérieure comme prostituée afin de ramener des fonds dans la maison. L'histoire finira tragiquement. Seule Chuyia pourra s'enfuir, rejoignant le Mahatma Gandhi à bord d'un train qui l'emmènera loin du foyer des veuves.
Une fois de plus, Deepa Mehta s'attaque de front aux traditions archaïques de la société indienne. Dans "Fire", elle dénonçait l'intolérance des hommes et le modèle traditionnel de la famille indivise. Dans "Earth", elle dépeignait la montée des fanatismes hindous et musulmans à l'occasion du Partage entre l'Inde et le Pakistan en 1947. Dans "Water", c'est le statut des veuves qui est critiquée. Le film se passe en 1930 mais la situation n'a guère évolué depuis. Dans son livre "l'âge de Kali", William Dalrymple décrit un village de veuves du Gujarat où des veuves de toutes les provinces, rejetées à la fois par la famille du défunt et par leurs propres parents, viennent chercher refuge, vivant dans la misère et l'opprobre général.
A travers le statut des veuves, Deepa Metha attaque aussi le système des castes. Le père du jeune avocat explique tranquillement à son fils, qu'étant un brahmane, il a le droit de coucher avec toutes les femmes, celles-ci recevant ainsi sa bénédiction. Et l'apparition de Gandhi à la fin du film est un hommage à celui qui a remis en cause ce système, appelant les Intouchables les enfants de Dieu et prônant une stricte égalité entre tous les Indiens. Mais, comme j'ai pu l'observer à plusieurs reprises, les vieilles coutumes ont la vie dure en Inde…
00:20 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : inde, tour du monde, voyage, film, cinema


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