25.08.2007

San Cristobal de Las Casas

San Cristobal de Las Casas (baptisée ainsi en l’honneur du fameux prêtre dominicain Bartolomé de Las Casas, défenseur des Indiens, qui y fut évêque) est une petite ville plutôt animée. Elle est sur le trajet de tous les circuits touristiques et, dès le matin, des cars entiers de touristes y débarquent pour visiter les rares curiosités de la ville. Car, culturellement parlant il y a peu à voir et à faire à San Cristobal, surtout en comparaison des richesses de Oaxaca ou même de Puebla. La cathédrale, située sur la place centrale, vaut plus par l'intérieur que par la façade. La porte de Carmen, qui fût un temps la porte de la ville, n'a rien d'exceptionnel. Et l'ancien couvent des dominicains abrite un petit musée sans vraiment d'intérêt.
Pourquoi alors la ville attire-t-elle ainsi les touristes du monde entier? C'est que sa richesse est ailleurs que dans ses monuments.

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Les visiteurs apprécient l'animation des rues, les innombrables cafés, les restaurants souvent situés dans de petits patios à l'intérieur de demeures coloniales imposantes. L'hébergement est l'un des meilleurs marchés du Mexique et, là encore, c'est l'occasion de dormir dans une vieille bâtisse aux poutres boisées possédant souvent un petit jardin tropical.

Enfin, c'est la porte d'entrée au Chiapas, cette région du Mexique qui a reçu un soudain coup de projecteur le 1er janvier 1994 lorsque l'Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLNL), emmenée par le mystérieux sous-commandant Marcos, a occupé plusieurs villes de la région, demandant la fin de l'occupation des terres par l'oligarchie des grands propriétaires et la reconnaissance des droits des paysans indigènes. Une rhétorique d'un autre temps mais qui a eu le mérite de porter à la connaissance du monde les problèmes raciaux que le gouvernement mexicain a longtemps voulu ignorer. De fait, à San Cristobal – qui fût l'une des villes prise d'assaut en ce 1er janvier 1994 – la majorité de la population est bien de type indien, d'autant que, récemment, 20000 paysans ont été expulsés des villages environnants pour s'être convertis au Protestantisme sous l'influence de missionnaires étrangers.
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Ce sont eux que l'on retrouve, portant le costume traditionnel, devant le Temple des Dominicains, vendant un artisanat simple mais de qualité et tentant de refaire leur vie dans un environnement nouveau.

La révolte au Chiapas, surmédiatisée dans les années 1990, semble s'essouffler. L'ex-Président Vincente Fox a tout de même réussi à faire passer une loi garantissant la pérennité de l'enseignement des langues indiennes. Maigre aboutissement de plus de dix ans de conflit dont les aspirations légitimes sont toujours inchangées : la réforme agraire, le droit au respect et à une vie décente, et la réparation des exactions impunément commises pendant des siècles à l'encontre des indiens.

Le soir, je vais écouter un peu de musique dans l'un des nombreux bars de la ville. Celui-ci passe du jazz et, attablé au comptoir, je discute avec Sarah, une jeune française qui s'est installée dans la région depuis un peu plus d'un mois. Tombée amoureuse d'un jeune mexicain, elle a décidé de venir commencer sa thèse par un séjour de six mois dans un des villages autour de San Cristobal. Les conditions sont pénibles me dit-elle, avec de l'électricité le soir seulement et pas d'eau courante. En plus elle parle encore assez mal l'espagnol et rencontre pas mal de difficultés dans la vie quotidienne. Certes oui… Voilà l'amour aux prises avec les réalités terrestres, qui gagnera?

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