29.08.2007

Tikal

Départ avant l'aube vers le site de Tikal, à un peu plus d'une heure de route de Florès. Je n'avais pas grand espoir d'assister à un lever de soleil digne de ce nom – la brume matinale met toujours quelques heures à se dissiper – mais je n'avais pas envisagé qu'il se mettrait à pleuvoir à peu près au moment où j'arrive à l'entrée du site. Une pluie fine, continue, rien à voir avec l'averse passagère d'hier soir. Aujourd'hui, cela dure et cela durera tout le temps de ma visite.
Dommage pour les photos mais le mauvais temps a sûrement fait renoncer certains touristes car le site est presque désert. Et quel site! Tikal a été une grande capitale du monde maya pendant plusieurs centaines d'années. La construction des temples s'est ainsi étalé sur une longue période et a bénéficié des progrès architecturaux au fil du temps. Le site de Tikal a été abandonné vers le Xème siècle de notre ère, pour des raisons inconnues. Et ce n'est pas avant la fin du XVIIème siècle qu'il a été redécouvert, ne provoquant d'ailleurs guère l'intérêt des puissances coloniales. En fait le site a été laissé en l'état jusqu'au milieu des années 1950. Les archéologues ont travaillé pendant trente ans pour déblayer les principaux monuments. Encore les travaux continuent-ils à l'heure actuelle. C'est que Tikal impressionne d'abord par son étendue. C'est encore plus grand que Palenque et il faut plusieurs heures pour en découvrir une partie.

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Les temples principaux cependant sont regroupés autour de la Plaza Central : les temples I et II, jumeaux étaient les tombeaux des chefs maya et servaient également de lieux de sacrifice lors des massacres de prisonniers qui se sont généralisés pendant les derniers siècles de la toute-puissance maya. 4e12329e73f46b1e1f67470d3d20229f.jpgC'est ce que Mel Gibson a mis en scène dans son dernier film "Apocalypto".
A propos de ce film justement, je ne sais plus si l'action se passe au Guatemala mais la ressemblance avec les temples de Tikal est frappante. Si le scénario ne vaut rien, on peut au moins noter l'effort de reconstitution historique, une première dans le genre, je crois. Et l'arrivée des captifs dans la cité maya en pleine décomposition rend bien compte de la densité de population impressionnante de l'époque : certaines villes, dont Tikal, comptaient plusieurs dizaines de milliers d'habitants dans un périmètre restreint, aboutissant à des densités de population équivalentes au peuplement actuel du bassin gangétique en Inde.

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Le mauvais temps empêche de jouir de la vue du haut du Temple V, que l'on atteint par un escalier en bois vertigineux. Il est dit que par temps de pluie, l'accès à l'escalier est interdit. Pas aujourd'hui en tous cas...

Je quitte les lieux en début d'après-midi, à peu près au moment où la pluie cesse, bien entendu…Mais le ciel restera couvert toute la journée. Ce n'était vraiment pas le bon jour pour visiter les ruines. Plus au nord de Tikal, dans une réserve naturelle qui borde la frontière mexicaine, se trouve le site d'El Mirador, une autre cité-état maya. Mais l'accès en est difficile et nécessite plusieurs jours de transport, dont une marche de quelques dizaines de kilomètres dans la jungle. Ce ne sera pas pour cette fois. Il existe un projet qualifié d'écotouriste, qui vise à rendre l'accès au site d'El Mirador plus facile. Mais il a déjà provoqué un tollé général de la part des associations de protection de la nature, le tourisme allant provoquer des déplacements et des activités supplémentaires dans une zone encore préservée de la réserve. L'accès au site d'El Mirador, pourtant, serait une manne financière supplémentaire (et bienvenue) pour un des pays les plus pauvres du monde.

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