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06.09.2007

Mexique : De Chiapas à la crise financière - Ouvrage collectif

5179f3ebaa9dea0ae31ed28cceb46dff.jpgA ma connaissance il n'y a guère qu'une seule librairie française à Mexico et dont les étagères sont d'une pauvreté affligeante. Pourtant située dans l'enceinte du consulat français, elle ne fait guère honneur à notre pays : aucun ouvrage d'auteurs mexicains traduits en français, peu de magazines d'actualité, et quasiment aucun ouvrage sur le Mexique en général. En désespoir de cause, j'ai fait l'acquisition de celui-ci, paru aux Editions l'Harmattan il y a quelques années et intitulé "Mexique – de Chiapas à la crise financière". Il s'agit d'une œuvre collective qui regroupe les textes de diverses personnalités du monde politique mexicain, y compris une lettre signée du sous-commandant Marcos et adressée à Ernesto Zedillo, quelques semaines après son élection contestée (1994).

Comme son titre l'indique, l'ouvrage s'intéresse à la crise chiapanèque, telle qu'elle a été révélée au grand jour le 1er janvier 1994 lorsque des bandes de rebelles armées ont occupé plusieurs villes du Chiapas avant d'en être délogées par l'armée régulière. Il fait le point des revendications indigènes et analyse les causes du mouvement : héritage maya de tradition rebelle, action pastorale des représentants de l'Eglise qui ont profondément renouvelé leurs sermons dans les années 1970 et ont participé à l'épanouissement du désir d'autonomie des descendants des mayas, problème de la répartition de la terre ("Moins de terre pour plus de pauvres", régime raciste et oligarchique qui prédomine dans l'état du Chiapas, signature par le gouvernement d'un traité de libre-échange avec les Etats-Unis (ALENA) considéré par beaucoup comme une atteinte à la souveraineté nationale, etc. Tout cela est plus ou moins connu et reflète sans doute une partie de la réalité. Le problème avec cet ouvrage, c'est qu'il n'y a aucun texte défendant le modèle néo-libéral adopté par le gouvernement mexicain. Tous les auteurs sont de gauche, pro-zapatistes et leurs convictions, parfaitement justifiées au vu des textes présentés, mériteraient d'être au moins contrebalancées par la doctrine officielle. Or, ce n'est pas le cas et le lecteur reste un peu perplexe devant la situation apocalyptique qui est décrite. De plus, il manque pas mal de justifications sur beaucoup de points et quelques chiffres bien choisis vaudraient parfois mieux que de longues phrases.

Parmi tous les auteurs, le texte de Carlos Fuentes "Mexique 1995 : Bon réveillon!" sort du lot par la clarté et la sincérité de l'exposé. C'est à lui que j'emprunte les derniers mots de cette note : "Une fois de plus, le décalage des institutions mondiales par rapport aux nouvelles réalités mondiales saute aux yeux. (…) En cette année du cinquantième anniversaire des Nations Unies, il est urgent de mettre à jour l'organisation mondiale (FMI et Banque Mondiale). (…) Retenons les bonnes idées du proche passé : l'inévitable ouverture au monde, l'effort de compétitivité. (…) Ne répétons pas nos erreurs. Nous ne pourrons les éviter qu'en encourageant la production et l'épargne, un travail meilleur pour un meilleur salaire. Cela demande du temps et de la volonté. Cela demande aussi la démocratie." Ce texte date de 1995. Au vu des controverses qui ont marqué les élections récentes, beaucoup de chemin reste à faire dans le sens d'une plus grande transparence démocratique.

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