05.09.2007
Pat Garrett and Billy the Kid - S. Peckinpah
"Pat Garrett and Billy the Kid" est un western de Sam Peckinpah, cinéaste majeur des années 1970 et dont nous n'avons pas encore parlé. Le film est une relecture de la traque de Billy le Kid par Pat Garrett.
L'histoire est connue : Pat Garrett devenu shérif, traque son ancien ami et protégé, Billy. C'est en même temps la lutte entre deux mondes : celui de la loi et de l'ordre qui commence à s'étendre dans le Texas profond et le monde traditionnel des cowboys sans moralité qui prennent tout ce qui leur tombe à portée de révolver. Mais Peckinpah n'en reste pas là et chaque personnage semble suivre le chemin de sa propre perte. Il y a dans ce film une étouffante fatalité parfaitement rendue par l'interprétation sans faute des acteurs, James Coburn en tête. Peckinpah signe là l'un de ses meilleurs films, un western dont les personnages sont complexes et tourmentés et qui s'inscrit dans la vague des westerns crépusculaires ("La Horde Sauvage" du même réalisateur en est un autre exemple) où les codes du genre sont revisités pour voler en éclat. Dans "Pat Garrett et Billy the Kid", les duels au revolver sont toujours biaisés, on se tire dans le dos, on abat l'autre alors qu'il est désarmé. Peckinpah décrit la fin d'une époque, en même temps qu'il annonce la fin d'un genre cinématographique. Un grand film.
00:50 Publié dans 8 - Mexique-Guatemala-Belize , Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mexique, film, cinema, voyage, tour du monde
16.08.2007
Viva Zapata - E. Kazan
"Viva Zapata" est un film de Elia Kazan (voir "Baby Doll", note du 16-05-07) avec Marlon Brando. Sur un scénario de John Steinbeck; il raconte la vie du révolutionnaire mexicain Emiliano Zapata.
Tout commence par la réception d'une assemblée de paysans par le président Porfirio Diaz. Les paysans réclament la terre que viennent de saisir des seigneurs locaux mais Diaz les éconduit en leur tenant un langage diplomatique de conciliation. Cette rencontre décide Zapata à prendre les armes. S'en suit alors une succession de luttes, contre Diaz dans un premier temps puis contre tous les présidents qui lui ont succédé. Finalement Zapata sera attiré dans une embuscade et assassiné par les représentants du pouvoir en place.
L'interprétation de Marlon Brando date un peu et le scénario de John, Steinbeck, s'il reste fidèle aux faits historiques dans la première partie, sombre dans le mélo jusqu'à la scène finale. Restent quelques scènes poignantes, notamment celles qui confrontent Zapata avec sa fiancée (jouée par Jean Peters) dans une église catholique.
Il y a des nombreuses années, j'avais vu "Viva Villa" avec Wallace Beery et j'en ai gardé un bon souvenir, meilleur en fait que le film d'Elia Kazan qui tend à idéaliser la figure de Zapata pour en faire un leader tourmenté alors que la réalité historique le rapproche plus d'un bandit de grand chemin.
13:29 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : film, cinema, tour du monde mexique, voyage
07.08.2007
De Biei à Abashiri
Biei aurait pu être une étape agréable s'il avait fait un peu meilleur. Mais la pluie n'a cessé de tomber toute la nuit et le matin, je ne peux qu'apercevoir à travers les gouttes un paysage détrempé, curieusement similaire à certains coins de France.
Encore un voyage en train, entre Biei et Asahikawa tout d'abord, puis jusqu'à Abashiri, sur la côte nord d'Hokkaido. Le principal intérêt d'Abashiri réside dans la visite du musée-prison situé à quelques kilomètres de la ville. En fait, il s'agit de l'ancienne prison, construite en bois et qui a été abandonnée à la fin des années 1980 pour un nouveau bâtiment en dur. Evidemment, visiter la prison au milieu de l'été donne l'impression de se rendre dans un camp de villégiature et l'on comprend difficilement ce qui fait d'Abashiri un endroit à la réputation si terrifiante. On le comprend mieux en visitant le Ice Drift Museum quelques kilomètres plus loin. En hiver, la mer d'Okhotsk qui va de la péninsule du Kamtchatka à Hokkaido gèle sur 80% de sa surface. C'est dire les terribles conditions hivernales dans la région. Et les quartiers des prisonniers ne sont pas chauffés, hormis un poêle situé à l'extérieur et essentiellement destiné aux gardiens! Quant aux vêtements généreusement fournis par l'administration pénitentiaire, ils sont en coton tout au long de l'année. Parfaits pour les travaux des champs au printemps, ils permettent également au prisonnier de bien sentir la morsure du froid en hiver. Dans plusieurs salles du musée-prison ont été reconstituées des scènes de la vie quotidienne des prisonniers. Dans la salle des douches, on a poussé le réalisme et le souci du détail jusqu'à faire figurer sur le dos nu de certaines statues le tatouage intégral, marque de l'appartenance aux yakuza. Les yakuza sont l'équivalent japonais de la mafia italienne. On dit qu'ils contrôlent tous les réseaux de prostitution, les salles de jeux, les paris clandestins. Ces sociétés secrètes fascinent les scénaristes et réalisateurs occidentaux et je me souviens de plusieurs films où il est question de l'influence des yakuza et de leur code de l'honneur.
Le plus récent serait "Kill Bill, Vol 1" dans lequel Uma Thurman affronte bravement une centaine de professionnels du sabre au cours d'un combat légendaire. Tarantino d'ailleurs a effectué pour ce film un gros travail de recherche et a réellement parsemé son film de plusieurs passages pénétrant l'imaginaire japonais. Avant lui, d'autres réalisateurs occidentaux avaient déjà utilisé l'univers des yakuza, avec plus ou moins de succès.
"Black Rain" de Ridley Scott en est un bon exemple mais l'interprétation à l'esbroufe de Michaël Douglas gâche un peu le travail de mise en scène.
Dans un style différent "Crying Freeman" de Christophe Gans, s'inspirant d'une bande dessinée populaire, était une intéressante première réalisation d'un metteur en scène qui n'a pas confirmé par la suite cette bonne impression.
Et puis je garde un bon souvenir, quoique lointain, du "Yakuza" de Sidney Polack avec un Robert Mitchum vieillissant mais dont le charisme n'a jamais failli. Tout cela pour dire que, même sans s'intéresser particulièrement à la question, nous sommes baignés dans un certain nombre de références aux sociétés secrètes japonaises et qu'il est fascinant, ici, de voir les conditions pénibles dans lesquels certains de leurs membres ont fini leurs jours. 23:35 Publié dans 7 - Japon , Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : japon, tour du monde, voyage, cinema
06.08.2007
Le Parc National de Daibetsuzan…ou presque
Alors que le temps était menaçant depuis le matin, un orage éclate à peu près au moment où j'arrive au pied du Mont Asahidake. Je me fais proprement saucé et décide d'arrêter là la visite du parc national de Daibetsuzan. Je n'en aurai finalement rien vu du tout, les environs étant complètement recouverts d'un épais brouillard. Pas vraiment de chance avec le temps depuis mon arrivée à Hokkaido. Au retour, je passe quelques heures à Asahikawa, la capitale de la province. Mais il n'y a rien à voir, aussi je ne m'attarde pas.
La pluie ne cessera pas jusqu'en début de soirée. Je regagne l'auberge et profite du calme des lieux pour regarder une de mes dernières acquisitions.
"A taxing woman" se passe à Tokyo et raconte la vie d'une équipe d'inspecteurs des impôts en charge de la répression des fraudes fiscales. C'est aussi le portrait attachant d'une femme, divorcée, qui se dévoue corps et âme à son travail. On ne la voit qu'au travail d'ailleurs, et l'on apprend incidemment qu'elle a un fils mais sans que le scénario ne nous en dise plus. Traité sur le mode de la comédie, le film aborde pourtant un sujet sérieux et éreinte au passage les relations entre les milieux politiques et les milieux d'affaire, quelques années avant les scandales qui ont émaillé les années 1990. Quoiqu'un peu long, c'est une comédie sympathique qui vaut aussi pour ses acteurs. L'actrice qui interprète le rôle principal est excellente. Au total, on passe un bon moment devant cette réalisation sans prétentions.
23:35 Publié dans 7 - Japon , Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : japon, tour du monde, voyage, film, cinema
01.08.2007
De Osaka à Sapporo
Je prends le premier vol du matin à destination de Sapporo. Le billet All Nippon Airways fait partie du billet "tour du monde" que j'ai acheté avant de débuter ce voyage. Pourtant je rencontre un problème à l'enregistrement. Mon billet possède une date de péremption au 15 juillet et l'employée m'annonce qu'il n'est plus valable. Je lui explique que le billet est valable un an après le premier voyage (c'était le Paris-Delhi de janvier dernier) et qu'il s'agit manifestement d'une erreur, qui ne m'est pas imputable. Avec le sourire, elle passera un bon quart d'heure à tout vérifier, faisant même une photocopie du tampon d'entrée en Inde sur mon passeport afin de valider la date du premier voyage. Finalement, je serai autorisé à embarquer.
Sapporo est une ville moderne, dont la création est assez récente puisqu'elle ne remonte qu'à 1860. On y retrouve les classiques artères bordées d'imposants centres commerciaux. Seul témoin du passé, l'ancienne mairie est conservée en l'état et transformée en musée. Pour le reste, l'indigence historique de la ville se traduit par la mise en valeur d'absurdités comme la tour de télécommunications, pâle imitation réduite de notre tour Eiffel. Le musée de la littérature aurait pu être intéressant s'il y avait eu un minimum de commentaires en anglais. Hélas, tout est en japonais et je suis obligé de demander, tout penaud, qui est l'écrivain auquel est consacré l'exposition temporaire.
A défaut de visiter des monuments, le mieux est encore d'observer les gens se promener dans les rues.
Le soir, je vais voir "Die Hard 4", le dernier opus ultra-violent de la série. Cette fois-ci John Mac Lane affronte des cyber-terroristes au cours de plus de deux heures de courses-poursuites et de fusillades "abracadabrantesques". Inutile de chercher un scénario cohérent, il n'y en a pas. Dommage... Je me souviens encore de la sortie du premier volet, réalisé alors par John Mc Tiernan et qui mêlait habilement humour et action. Aujourd'hui, Bruce Willis est fatigué, laissons-le en paix. 23:20 Publié dans 7 - Japon , Film , Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : japon, tour du monde, voyage, film, cinema, litterature
30.07.2007
A Osaka
Le matin, nous allons nous baigner dans un onsen dans la banlieue d'Osaka, ces sources chaudes dont les japonais raffolent. En fait celui-là est un onsen aménagé en spa, c'est-à-dire qu'autour du bassin d'eau chaude, on trouve aussi un sauna, un bain d'eau glacée etc. En tous cas, le complexe a du succès auprès des japonais retraités qui viennent y passer une partie de la matinée. Hommes et femmes sont séparés dans deux bassins différents. Normal car tout le monde est ici complètement nu, le rapport au corps et à la nudité étant un peu différent de ce que nous connaissons en occident.
L'après-midi, nous nous baladons encore une fois autour de la gare sud d'Osaka. Le quartier regorge de salles de jeux, les pachinko, qui ne désemplissent pas du matin au soir.
Précisément, je termine le deuxième tome de cette passionnante "Histoire du Japon et des Japonais". L'auteur tient des propos assez pessimistes sur la jeunesse japonaise d'aujourd'hui. Subissant la pression d'un système éducatif fortement normatif et compétitif (on a parlé du Japon actuel comme "l'Empire du concours"), cette adolescence "consumée dans un bachotage épuisant à base de batteries desséchantes d'exercices stéréotypés, éprouve des frustrations et des rancoeurs, source de violence croissante". Entre repli sur soi, introversion ou ultra-violence parfois nourrie par un univers de jeux vidéo et de séries télévisées, la génération actuelle des jeunes gens de 15 à 30 ans fait face à de sérieux problèmes de désocialisation.
Un (mauvais) film sorti récemment illustre (bien) la perte de repères d'une génération qui ne se reconnaît plus dans le modèle d'une société au service de l'économie qui a prévalu depuis la fin de la seconde guerre mondiale. C'est "Babel" de A. Amenabar dont plusieurs épisodes se passent à Tokyo. Le réalisateur filme une jeune sourde-muette, dont la mère s'est suicidée, dont le père, homme d'affaires, ne sait pas s'occuper et qui est complètement perdue alors que ses premiers désirs de femme apparaissent. 23:25 Publié dans 7 - Japon , Film , Littérature | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : japon, tour du monde, voyage
23.07.2007
Unagi - S. Imamura
"Unagi" (l'Anguille) a reçu la Palme d'Or au Festival de Cannes en 1997, consacrant ainsi pour la deuxième fois le réalisateur Shohei Imamura, 15 ans après la Palme reçue pour "La Ballade de Narayama". Comble du comble, ici, au Japon, je ne parviens pas à mettre la main sur le DVD de "La Ballade de Narayama". Même en évoquant le titre japonais, les vendeurs me regardent avec de gros yeux. Le film semble totalement absent de leurs registres et le nom du réalisateur ne leur évoque absolument rien.
"Unagi" commence de manière tragique. Un mari, apprenant que sa femme le trompe par voie de dénonciation anonyme, la surprend en flagrant délit d'adultère et la poignarde de plusieurs coups de couteau. Huit ans après, mis en liberté conditionnelle, il tente de refaire sa vie en ouvrant un salon de coiffure. Il sauve du suicide une jolie jeune femme qui ressemble étrangement à sa défunte épouse. Ces deux êtres blessés vont développer une étrange relation, alors que leur passé ressurgit, provoquant de graves ennuis.
Bien que le film soit plaisant à regarder, je n'ai pas trouvé ce qui avait motivé les jurés pour lui décerner la Palme d'Or. Le réalisateur, qui adapte là un roman de Akira Yashimura, a peut-être voulu montrer une société décomposée, dont les repères n'existent plus (l'un des protagonistes du film attend l'arrivée d'extraterrestres…) et que seul l'amour entre deux êtres parviendrait à rendre supportable. On ne comprend pas très bien non plus ce qui attache notre prisonnier en liberté conditionnelle à son anguille apprivoisée. Ce qui est sûr en revanche, c'est que l'interprétation de l'acteur principal, Koji Yashuko, est remarquable, à la fois fragile et émouvante. Quant au film lui-même, sans doute me manque-t-il quelques repères pour en saisir tout le sens.
12:17 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : film, cinema, japon, tour du monde, voyage
19.07.2007
Rashomon - Akira Kurosawa
Lion d'Or au festival de Venise de 1956, "Rashomon" est considéré comme le film qui a fait découvrir le cinéma japonais aux européens. Réalisée par Akira Kurosawa, cette œuvre majeure raconte l'histoire du meurtre d'un samouraï par quatre personnes témoins : un bûcheron, la femme du samouraï, son assassin présumé et le samouraï lui-même qui s'exprime à travers un médium. Qui croire? Où est la vérité? Existe-t-elle seulement?
Kurosawa a effectué un gros travail de mise en scène. Le combat final entre le samouraï et son assassin est filmé de différentes manières selon les narrateurs, ce qui permet au réalisateur de faire alterner travelling et plans fixes. Les prises de vue dans la forêt sont splendides. Mais ce travail de mise en scène n'est pas gratuit. Il est au service d'une profonde réflexion sur la fragilité du témoignage humain (chaque témoin raconte en fait la scène comme il voudrait qu'elle se soit déroulée) et sur la condition humaine en général. Alors que tout le film porte la marque d'un fort pessimisme, la fin, paradoxalement, semble ouvrir sur un espoir de rédemption pour l'homme du futur. Cette improbable rupture avec le ton du film n'est pas une grande réussite mais sans doute Kurosawa désirait-il adresser un message d'espoir à ses spectateurs. Malgré le final pathétique, le film est prenant et profond.
15:35 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : japon, cinema, tour du monde, voyage, film
18.07.2007
Stray Dogs - Akira Kurosawa
"Stray Dog" est l'une des premières réalisations d'Akira Kurosawa. Réalisé en 1949, il est partiellement influencé par la mode du film noir américain mais Kurosawa intègre l'histoire dans le Japon de l'immédiat après-guerre, soulignant la difficile réinsertion des soldats démobilisés de l'armée impériale.
Alors qu'une chaleur infernale règne sur la ville, un jeune détective, Murakami, se fait voler son arme dans un bus. Celle-ci est utilisée pour commettre braquages et meurtres. Murakami se joint à un détective plus expérimenté, Geor et enquête dans les bas-fonds de Tokyo à la recherche du truand, Yau.
Yau et Makami sont tous deux d'anciens soldats démobilisés. L'un a choisi de devenir flic tandis que l'autre est devenu truand, un peu par désoeuvrement mais aussi par amour pour une danseuse. Kurosawa nous dépeint un monde qui a perdu ses repères, un monde où le chaos et la destruction qui ont suivi la défaite de 1945 font basculer les individus dans la délinquance et le crime. Les écoliers qui chantent à la fin du film, célébrant involontairement l'arrestation de Yau semblent cependant annoncer le renouveau du pays.
15:30 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : japon, tour du monde, voyage, film, cinema
15.07.2007
Blind Shaft - Li Yang
"Blind Shaft" commence comme un documentaire sur la condition de vie des mineurs en Chine. La caméra suit un groupe de mineurs alors qu'il se dirige vers l'entrée de la mine et plonge en abrupt dans les ténèbres charbonneuses. A l'intérieur, trois mineurs cessent le travail à l'occasion de la pause déjeuner. Ils discutent de choses et d'autres, du mal du pays entre autres, lorsque soudain, l'un des protagonistes est assailli par les deux autres qui provoquent sa mort. Mettant en scène un éboulement, ils feignent la douleur et en profitent pour extirper au patron de la mine un fort dédommagement. Ce dernier, désireux de ne pas déclarer le décès aux autorités afin de ne pas motiver d'enquête sur les conditions de sécurité dans sa mine, est content de se débarrasser de cet épineux problème. On suit alors les deux assassins à la recherche de leur future proie qu'ils rencontrent en la personne d'un jeune garçon. Tous trois trouvent du travail dans une autre mine de charbon et le processus semble recommencer...sauf que les apparences sont plus trompeuses qu'il n'y paraît.
Le réalisateur a conservé le style documentaire – tournage caméra à l'épaule – tout au long du film. Il en résulte un curieux mélange entre fiction et réalité mais la condition de vie des mineurs chinois en ressort avec d'autant plus de réalisme. Le film dénonce bien évidemment les mines illégales qui sont disséminées en Chine et tuent chaque année plusieurs milliers de travailleurs. Mais il y a plus dans ce film qu'un simple constat. Le réalisateur, dont le film a été interdit en Chine, cela va de soi, brosse le portrait d'une société dont les valeurs morales sont irrémédiablement corrompues, où travailleurs et patrons rivalisent de malhonnêteté, une société enfin dont le modèle familial a complètement explosé en raison d'une trop grande misère dans les campagnes. En fait, le film est brillamment réalisé, brillamment interprété et constitue une œuvre marquante du cinéma chinois contemporain. Resterait à en assurer la diffusion auprès des autorités du pays concerné...
09:05 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : film, cinema, chine, tour du monde, voyage









