02.09.2007

De Belize à Tulum – Retour au Mexique

Je quitte Caye Caulker le matin, par une journée superbe, ensoleillée et chaude. Je serais bien resté quelques jours de plus mais je deviendrais faignant. La douceur du climat, le caractère détendu et sympathique des habitants, le reggae qui se déverse par toutes les ouvertures, tout cela incite au farniente. On pourrait boire sans se lasser ces délicieux cocktails concoctés avec le rhum local, accoudé à la balustrade d'un des cafés de l'île et contemplant les différentes couleurs de la mer devant soi ou regardant passer les speed boats qui font la navette entre les différentes îles et la côte.
Bien sûr, Caye Caulker est une destination touristique et n'est pas représentatif de l'ensemble du pays. Indépendant depuis 1981 seulement, Belize a été une colonie britannique dont la souveraineté a longtemps été contestée par le Guatemala voisin. Le tourisme constitue la première source de devises du pays, par ailleurs peu peuplé (280,000 habitants) et peu exploité (80% du territoire encore recouvert de forêt, seule 3% de la surface totale cultivée). Bref, si l'on sort des quelques coins touristiques le long de la côte, on retombe vite dans le sous-développement dont la ville de Belize City donne un bon aperçu. Autour de la gare routière grouille une foule de rabatteurs qui tentent par tous les moyens d'escroquer les touristes. Et lorsqu'on refuse un peu trop brutalement leurs propositions, arrive l'inévitable argument du racisme : "Where are you from? You don't respect locals. You are not polite, man!".
a53248935b52461ef5a55c6c7a9fbe18.gifLe bus qui arrive du Guatemala et doit m'amener au Mexique est bondé. Ayant acheté mon billet au guichet officiel et ayant plaisanté un peu avec la vendeuse, par ailleurs assez jolie, j'ai droit à un traitement de faveur et suis placé à côté du chauffeur. Derrière, les passagers s'entassent dans la limite des places assises et les nombreux autres voyageurs en sont quitte pour attendre le prochain bus, même s'ils sont en possession d'un billet valide. Je suis bien placé mais il n'y a rien à voir. Au bout de quelques minutes, la pluie se déclenche et obstrue un paysage de toutes façons quelconque. Trois heures plus tard, nous arrivons à la frontière. Côté Belize, c'est rapide et efficace. C'est la moindre des choses car ils font payer un droit de sortie de près de 20US$. Côté mexicain, c'est un peu plus aléatoire : la moitié des passagers du bus se trompe de bureau et passe en territoire mexicain sans avoir fait tamponner leur passeport. Ils font demi-tour de leur plein gré mais aucun douanier ne les avait arrêtés avant.
Quelques heures plus tard, j'arrive à Tulum. La nuit commence à tomber. La ville est construite autour de l'autoroute et ne présente pas beaucoup d'intérêt, sinon pour la proximité de ruines maya au bord de la mer et comme base de départ pour la visite de celles de Chichen Itza le lendemain.

01.09.2007

A Caye Caulker (Belize), la plongée continue

Je prends le petit déjeuner dans un café tenue par une hollandaise venue s'installer ici il y a quatre ans, et manifestement très contente de son sort. C'est l'ouragan Dean, me dit-elle, qui a fait fuir les touristes et c'est la raison pour laquelle l'île est si calme. Vu l'étendue de l'île de toutes façons, ça ne doit jamais être bondé par ici. Et c'est ce qui fait le charme de cet endroit.

Aujourd'hui, je plonge avec une brésilienne, Maïté, et un couple d'espagnols. Nous allons à proximité de Caye Ambergis, l'île au nord de Caye Caulker. Encore un site de plongée hallucinant : les requins nagent sous le bateau par 2 mètres de fond.

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Maïté et moi plongeons un peu avant les autres. Au fond, en l'espace de cinq minutes, nous voyons passer une tortue et une raie. Le reste de la plongée sera du même acabit : le fond est constitué d'un canyon sableux sur les côtés duquel fleurit un corail superbe et vivent d'innombrables poissons multicolores. C'est incroyable. Les plongées à Belize tiennent la comparaison avec les plus beaux sites d'Asie du sud-est : Sipadan, Manado, Perhentian… Comme toujours, le plus beau est en surface ou presque. Pendant l'intervalle entre les deux plongées, nous faisons un peu de snorkeling (masque et tuba, pas de bouteilles) : un phoque nage à quelques mètres de nous.
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A la fin de la deuxième plongée, nous verrons une murène en chasse, apparition rare. D'habitude, les murènes se terrent dans les anfractuosités de rochers et y restent la gueule ouverte. Celle-là faisait au moins 1,5m.

Le soir, je remets ça. Cela faisait quelques temps que je n'avais pas fait de plongée de nuit. Non que cela soit particulièrement difficile ou dangereux, c'est simplement un peu différent. Je plonge en double avec Julia, une jeune américaine un peu angoissée à l'idée de cette plongée de nuit, la première pour elle. Mais tout se passera bien. Du reste nous ne sommes pas descendus à plus de 15 mètres. La faune marine est un peu moins exubérante que pendant la journée mais on peut observer des spécimens différents : les homards en particulier sont de sortie ce soir.
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En surface, nous éteignons les lampes et observons les étoiles. Le ciel est magnifique ce soir mais les prévisions météo annoncent l'arrivée d'un nouveau cyclone pour mercredi, de plus faible amplitude que Dean cependant.

31.08.2007

Blue Hole – la plongée du siècle

Le site de Blue Hole est un site de plongée de renommée mondiale, qui doit sa popularité à une émission de Cousteau dans les années 1970. Certes, en bateau, on n'apprécie pas pleinement la beauté de l'ensemble. Seule une vue d'avion permet en fait de rendre justice à cet atoll des Caraïbes, le seul de l'hémisphère nord.

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b2b68e2958d7fa18797b3116d1fc36b2.jpgMais déjà, au niveau de l'eau, le changement de couleur de la mer, qui passe d'un vert émeraude d'une clarté aveuglante à un bleu profond, donne une idée de la dimension du site.
Sous l'eau c'est un spectacle grandiose. La plongée est profonde – plus de 40m – mais le décor est sensationnel : ce sont des stalactites géantes de corail entre lesquelles on peut nager comme dans un rêve. La visibilité est parfaite, sans doute plus de 30m. Le bleu intense des couleurs, le silence absolu, l'impression dantesque de ce paysage de cavernes font d'une plongée à Blue Hole une expérience unique. En remontant, alors que nous avions vu peu de poissons pendant toute la plongée, nous voyons soudain apparaître pas moins de onze requins (nurse sharks) de 2-3m qui font cercle autour de nous. C'était attendu. Ce banc de requins a élu domicile au centre de l'atoll et regarde passer, curieux, les plongeurs qui se succèdent dans ce site grandiose.
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Après cela, évidemment, comment ne pas être déçu par les autres plongées de la journée? Pourtant, elles sont de très bonne qualité, surtout la dernière sur le site de l'Aquarium et qui, comme son nom l'indique, regorge de poissons tropicaux multicolores. Avec de telles sensations, la journée passe vite. Nous avions quitté Caye Caulker à 6h du matin et nous rentrons peu avant 16h, après avoir fait la pause déjeuner sur une île déserte où a élu domicile une colonie de fous aux pieds rouges.
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Trop vite en fait pour discuter pleinement avec tous les membres du groupe, sept plongeurs et plongeuses au total venant de tous les coins du monde.
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Il est rare d'ailleurs de passer une aussi bonne journée avec des inconnus. Je garderai un bon souvenir de mes conversations avec Stéphane, un français très sympa habitant à Chicago, en vacances à Belize avec son amie turque, qui, elle, travaille à Vienne! Soumis au système américain, il n'a que peu de vacances ; payé en dollar, il souffre de la faiblesse de la monnaie américaine et songe à rentrer en Europe. Ayant pas mal baroudé lui aussi, il m'interroge longuement sur mes destinations récentes. Ce qui me fait songer que j'entamerai demain le dernier mois de ce long voyage.

30.08.2007

De Florès à Belize

Je quitte le Guatemala sans regrets. Ce que j'en ai vu ne m'a pas donné l'envie de prolonger plus avant mon séjour dans ce pays. Les habitants sont pauvres mais certains sont malhonnêtes et il n'est pas facile d'échapper aux propositions insistantes des agences de voyage, tout au moins dans un endroit hyper-touristique comme Florès.
Il faut dire que l'histoire récente du pays est d'une tristesse affligeante, comme un gigantesque ratage depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, dont la responsabilité incombe d'ailleurs largement aux Etats-Unis. Sous prétexte de retourner des gouvernements taxés un peu trop rapidement de communistes alors qu'ils ne voulaient que le bien de leur peuple, la CIA a financé plusieurs coups d'état et soutenu des dictatures sanglantes qui ont mis le pays en coupe réglée. Comme d'habitude, les plus pauvres ont dérouillé : expulsions de paysans pour restituer les terres à des propriétaires qui s'empressent de les mettre en jachère, violences répétées à l'égard des femmes (le rapport d'Amnesty International indique qu'au moins 580 femmes ont été tuées en 2006), exploitation moyenâgeuse des agriculteurs dans les plantations de café 577327b52f5c43c27bcf4d3b9b498851.jpg(voir à ce titre l'excellent ouvrage de Naomi Watts "No Logo" avec, en particulier, l'implication active de la chaîne américaine Starbucks dans ce qu'on peut nommer de l'esclavage moderne), absence de protection sociale pour les ouvriers des "maquilas, ces entreprises de sous-traitance à capitaux étrangers et travaillant pour l'exportation. Tout cela se ressent bien entendu parmi les habitants, qui sont d'une tristesse désabusée comme je n'en ai jamais rencontrée dans mes voyages.
Le 9 septembre prochain, des élections générales doivent voir lieu. La campagne présidentielle a donné lieu à des poussées de violence d'une ampleur considérable : "Selon Mirador Electoral (ME), une coalition d'organisations civiques qui observe la consultation, c'est la campagne la plus violente depuis la fin des régimes militaires et le retour à la démocratie dans le plus grand des pays d'Amérique centrale, en 1985. (…)Toutes les formations politiques sont visées. (…)Le Guatemala a enregistré 2 857 homicides au premier semestre 2007. La violence politique est attribuée pour l'essentiel aux mafias de trafiquants de drogue et aux groupes paramilitaires reconvertis dans la criminalité qui ont infiltré les partis, la police et l'armée." (J-M Carois, Le Monde du 17-08-07).

5d30a6660423d67a37677bb089d6a216.gifJ'avais prévu de retourner directement au Mexique aujourd'hui. Mais dans le bus qui part de Florès, je retrouve Aretty, la jeune grecque que j'avais croisée sur la route de San Cristobal, celle-là même que les vestiges maya laissaient indifférente car ils ne tenaient pas la comparaison avec les ruines de son pays (Voir note du 24-08-07). Elle se rend à Belize pour quelques jours et m'assure que les sites de plongée y sont exceptionnels. Après tout, pourquoi pas? Je ne suis pas pressé et la perspective de passer quelques jours sur une île des Caraïbes n'est pas pour me déplaire.
Je descends donc avec elle à Belize City. La ville ressemble vaguement à ce que j'imagine de Nairobi ou de Mogadishu, sauf que la capitale n'a pas été dévastée par plusieurs années de guerre. N'empêche, ce n'est pas très reluisant : des gamins misérables abordent les quelques touristes dès la descente du bus. Tout ici a l'air vieux et mal entretenu.

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Juste en face du terminal des speed boats, un camion accroche dans un virage une berline américaine, provoquant la colère du propriétaire qui buvait une bière dans un bar miteux voisin. La population est essentiellement noire, contraste saisissant avec le Guatemala et le Mexique voisin.

Nous prenons un bateau direction Caye Caulker, au large de la côte. Rien à voir avec l'agitation de la capitale. Il y a là un petit air de la Jamaïque avec une forte tendance rasta, du reggae qui s'écoule des bars en bois le long de la plage et une douceur de vivre toute tropicale.
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