15.07.2007
Blind Shaft - Li Yang
"Blind Shaft" commence comme un documentaire sur la condition de vie des mineurs en Chine. La caméra suit un groupe de mineurs alors qu'il se dirige vers l'entrée de la mine et plonge en abrupt dans les ténèbres charbonneuses. A l'intérieur, trois mineurs cessent le travail à l'occasion de la pause déjeuner. Ils discutent de choses et d'autres, du mal du pays entre autres, lorsque soudain, l'un des protagonistes est assailli par les deux autres qui provoquent sa mort. Mettant en scène un éboulement, ils feignent la douleur et en profitent pour extirper au patron de la mine un fort dédommagement. Ce dernier, désireux de ne pas déclarer le décès aux autorités afin de ne pas motiver d'enquête sur les conditions de sécurité dans sa mine, est content de se débarrasser de cet épineux problème. On suit alors les deux assassins à la recherche de leur future proie qu'ils rencontrent en la personne d'un jeune garçon. Tous trois trouvent du travail dans une autre mine de charbon et le processus semble recommencer...sauf que les apparences sont plus trompeuses qu'il n'y paraît.
Le réalisateur a conservé le style documentaire – tournage caméra à l'épaule – tout au long du film. Il en résulte un curieux mélange entre fiction et réalité mais la condition de vie des mineurs chinois en ressort avec d'autant plus de réalisme. Le film dénonce bien évidemment les mines illégales qui sont disséminées en Chine et tuent chaque année plusieurs milliers de travailleurs. Mais il y a plus dans ce film qu'un simple constat. Le réalisateur, dont le film a été interdit en Chine, cela va de soi, brosse le portrait d'une société dont les valeurs morales sont irrémédiablement corrompues, où travailleurs et patrons rivalisent de malhonnêteté, une société enfin dont le modèle familial a complètement explosé en raison d'une trop grande misère dans les campagnes. En fait, le film est brillamment réalisé, brillamment interprété et constitue une œuvre marquante du cinéma chinois contemporain. Resterait à en assurer la diffusion auprès des autorités du pays concerné...
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14.07.2007
Journée pluvieuse à Beijing
Le temps est un peu couvert lorsque je quitte le centre-ville en direction de la Grande Muraille. En chemin, ce ne s'arrnage pas et lorsque j'arrive sur le site de Balading à 70 kilomètres de Pékin, le célèbre monument est littéralement noyé sous une chape brumeuse. On n'y voit pas à plus de 10 mètres! Ce qui n'a pas empêché des milliers de touristes chinois de faire le déplacement. Moi qui croyait éviter la foule en arrivant tôt le matin, je me retrouve submergé par des milliers d'enfants rigolards, portant chacun la casquette rouge de rigueur et un morceau de plastique de couleur bleu pour se protéger de la bruine.
C'est Jacques Dutronc, je crois, qui chantait "un milliard de petits chinois. Et moi? Et moi? Et moi?". Comme je comprends aujourd'hui le sens de ces paroles.Je fais quelques pas sur la Muraille, juste pour la forme car cela n'en vaut pas la peine. La construction de la Grande Muraille a débuté au 3ème siècle après J-C et s'est poursuivie au cours des siècles, quoique son tracé actuel soit éloigné du projet initial. Pendant la Révolution Culturelle, ce glorieux monument d'un passé féodal que l'on voulait révolu a été systématiquement démantelé et je marche aujourd'hui sur une partie si restaurée qu'il est difficile de lui associer une quelconque valeur historique. Reste le tracé époustouflant de la Muraille que l'on devine gravissant les collines les plus abruptes sur près de 3000 kilomètres. On disait même, à une époque, que c'était la seule construction humaine que l'on pouvait apercevoir à l'œil nu depuis l'espace. Au grand regret des astronautes chinois, cette belle théorie a été rejetée aux oubliettes il y a quelques années, preuve à l'appui. Et aujourd'hui, avec le temps qu'il fait, on n'aperçoit même pas la Grande Muraille de puis la terre ferme!
Les tombeaux des empereurs de la dynastie Ming sont situés à quelques quarante kilomètres de Beijing. J'y arrive en fin de matinée et dénombre à vue d'oeil la même concentration alarmante de casquettes rouges que sur la Grande Muraille. Par contre, il y a ici plus de choses à voir. Tous les empereurs de cette dynastie qui a régné sur le continent du quatorzième au dix-septième siècle ont été enterrés en grande pompe dans des mausolées aux dimensions surhumaines. La tombe de l'empereur Wanli a été excavée en 1957 par autorisation spéciale des autorités et l'on peut visiter l'intérieur du caveau (consolidé sans grande inventivité par les architectes chinois, si bien que l'on a plus l'impression de rentrer dans une bouche de métro que dans une sépulture royale...). De plus, au musée adjacent figure une intéressante collection des objets qui accompagnaient le mort dans sa demeure finale. Egalement, un portrait de chaque empereur ainsi que de son épouse. Détail amusant : les empereurs sont peints en tenue officielle et en couleur tandis que leurs épouses font tout juste l'objet d'un rapide portrait en noir et blanc. En tous cas les tombes des empereurs Ming constituent un site remarquablement préservé, ce qui en fait une rareté compte tenu du passé récent de ce pays.
L'après-midi, je flâne un peu dans les centres commerciaux. Pas très loin de ma guesthouse, un mall abrite cinq étages de contrefaçon. Toutes les grandes marques y sont représentées à des prix certes pas donnés mais tellement loin de nos standards européens. Si les représentants de l'OMC viennent y regarder de près, ils vont avoir des choses à dire à leur retour...
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13.07.2007
De Ulan Bator à Beijing – Retour en Chine
Le matin, je dis adieu à Andy. Lui retourne à Beijing dans deux jours. Il veut s'y installer, trouver un job de professeur d'anglais et rester en Chine pendant les années qui viennent. Agé de 41 ans, il est passé par pas mal de galères en Angleterre et l'Asie lui semble la porte ouverte sur un renouveau. Pourquoi pas après tout? Partir est souvent un pis-aller mais peut s'avérer aussi une solution à certains problèmes. Et puis les chinois semblent plutôt demandeurs de main d'œuvre occidentale – Fiona donnait elle-même des cours de cross-culture à Beijing (voir note du 10-06-07).
Le vol CA 902 de Air China vers Beijing devait quitter Ulan Bator à 12h15. Nous embarquons à l'heure, commençons à rouler sur la piste, puis revenons au point de départ. Une annonce du pilote précise qu'étant les conditions météo, notre départ sera retardé de 20 minutes.
Trois heures plus tard (et sans qu'aucune explication supplémentaire ne nous ait été communiquée), nous voyons les passagers de la classe affaires se lever pour occuper les sièges libres en classe économique. Surgissent alors en costume ou tailleur une dizaine de VIP chinois qui s'installent avec morgue aux places laissées libres. Ce sont eux, en fait, que nous avons attendu tout ce temps et le retard de l'avion n'avait rien à voir avec les conditions météorologiques. Hum… Encore ne s'agit-il que d'une compagnie aérienne chinoise dans un pays étranger. Cela donne une bonne idée du niveau de transparence dans le pays même et des privilèges outrecuidants dont disposent les cadres du Parti.
Deux heures plus tard, nous atterrissons à Beijing. Le soleil est voilé par la désormais coutumière chape de fumée qui englobe la ville. Je saute dans un taxi et retrouve bientôt la guesthouse que j'avais quittée il y a plus d'un mois. Mais aujourd'hui, des étudiants chinois semblent avoir colonisé les lieux et je crois être le seul occidental dans la maison.
Qu'importe d'ailleurs car je ne m'attarde pas. Ce soir, je suis invité par un collègue et sa femme. Dominique, son épouse Joëlle et leurs deux enfants, habitent à Beijing depuis près d'un an et s'y plaisent bien, malgré la pollution et les conditions générales de vie qui rendent leur séjour un peu fatiguant. Je les ai connus et appréciés à Balikpapan, il y a déjà quatre ans et je passe une excellente soirée en leur compagnie, discutant de tout et de rien et oubliant le temps d'un succulent repas, la lamentable cuisine des steppes mongoles.
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13.06.2007
La grande révolution chinoise, 1800-1989 - J.K. Fairbank
En fait le livre s'arrête en 1985 mais, les événements de Tienanmen étant survenus en 1989, l'éditeur a cru bon de rajouter une préface postdatée et de modifier sur la couverture le titre de l'ouvrage. En fait, les bouleversements qui ont mené à la répression sanglante du mouvement étudiant ne sont pas décrits dans le livre.
Malgré cette malhonnêteté éditoriale, le livre, écrit par l'un des meilleurs sinologues américains, est passionnant. L'auteur décrit la fin du règne de la dynastie mandchoue (1644-1912) de l'intérieur. De nombreux chapitres sont consacrés au mode de gouvernement de l'empire chinois au XIXème siècle, avec une classe de fonctionnaires recrutés par des séries d'examen draconiens relatifs aux classiques de la littérature et de la poésie chinoise (les sciences faisaient alors l'objet d'un dédain très aristocratique). L'arrivée des premiers européens au milieu du XIXème siècle a bouleversé un pays jusque-là refermé sur lui-même. La découverte de la supériorité technique occidentale a profondément choqué et inquiété le régime chinois qui cultivait une xénophobie nationaliste ancestrale. Les relations commerciales avec les anglais alliées à une corruption accrue et à l'incompétence de l'impératrice douairière ont provoqué le renversement du pouvoir monarchique en 1912 et la naissance d'une république chinoise.
Pourtant, les années 1912-1949 restent marquées par le règne de seigneurs locaux que le pouvoir central n'arrivait pas à contrôler. Le Kuomintang de Sun-Yat-sen (mort en 1925, remplacé par Chiang Kai-shek) affronte le Parti Communiste émergeant dont Mao Zedong prend peu à peu la tête, faisant habilement jouer les sentiments nationalistes exacerbés par l'invasion japonaise de 1932.
La fin de la seconde guerre mondiale sonne le glas de la puissance du KMT. Après une courte guerre civile, Chiang Kai-shek s'enfuit à Taiwan et Mao proclame la République Populaire de Chine (1949). Suit alors une période de reconstruction du pays, avec l'aide de plusieurs milliers de spécialistes soviétiques dépêchés par Moscou. En 1958, Mao lance "le grand bond en avant", une tentative d'industrialiser le pays via le travail des paysans sur des projets de grande envergure (Mao a toujours considéré les masses de paysans chinois comme la base de la révolution socialiste, allant même à la fin de sa vie jusqu'à nier le rôle des intellectuels dans le fonctionnement du pays). Le résultat du "grand bond en avant" fût un désastre économique majeur et une série de famines dramatiques aboutissant à plus de 20 millions de morts. En 1962, le "grand bond en avant" est arrêté mais Mao, un temps discrédité, reste à la tête du part et rompt ses relations diplomatiques avec l'URSS, chacun accusant l'autre d'avoir trahi le modèle socialiste.
Puis, en 1966, c'est le début de la "Révolution Culturelle". S'appuyant sur des bataillons d'étudiants rebaptisés "gardes rouges" (les universités ont fermé leurs portes dès juin 1966), Mao cherche à la fois à renforcer son propre pouvoir et à éradiquer toutes les formes d'attitudes bourgeoises dans la société. Du jour au lendemain, des dizaines de milliers de professeurs, d'intellectuels, de hauts fonctionnaires du parti se sont vus persécutés, ont fait l'objet de séances publiques humiliantes de rééducation. Beaucoup se sont suicidés. La "Révolution Culturelle" a duré dix ans et n'a pris fin qu'avec la mort de Mao et le procès de la bande des quatre. Après le "grand bond en avant", la "Révolution Culturelle" a plongé le pays dans un chaos total dont il ressort tout juste à présent.
La suite est connue : ouverture progressive aux capitaux étrangers, effort de modernisation politique intérieure de l'enfant unique et répression sans pitié des mouvements démocratiques.
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12.06.2007
de Beijing à Ulan Bator
Le Transmongolien quitte la gare centrale de Beijing à 7h45 précises, un peu en avance même d'après ma montre. Il faut pas loin de 30 heures pour rejoindre Ulan Bator, la capitale mongole. J'ai réservé une couchette dans un compartiment à quatre et je fais le voyage avec deux australiens qui se rendent à Moscou. Une couchette n'est pas occupée. Le train est loin d'être plein en fait, alors que nous sommes au début de la haute saison touristique. De bonne augure pour la suite de mon périple en Mongolie.
Il faut presque deux heures pour sortir de la pollution de Beijing et pour que le ciel retrouve une couleur bleue immaculée, sans le voile de fumée carboxydée qui recouvre presque tous les jours les gratte-ciels de la ville. La Région Autonome de Mongolie Intérieure est un territoire chinois constitué de vastes steppes d'où émergent ça et là quelques villes champignons dont les maisons, construites sur un modèle communautariste, présentent toutes les mêmes caractéristiques : blocs de béton, absence de cachet, aucune décoration extérieure, peu d'espaces entre chaque.
Nous arrivons à la frontière à Erlian peu après 20 heures. Un officier des douanes chinois monte à bord et s'empare de nos passeports. Tous les passagers descendent ensuite car, l'écartement des rails étant différent entre la Chine et la Mongolie, il faut changer les essieux de chaque wagon. Un long travail qui prendra plus de trois heures pendant lesquelles nous patientons dans un immense hall non climatisé. Il y a beaucoup de touristes, jeunes pour la plupart (c'est aussi qu'il s'agit du seul des deux trains à destination d'Ulan Bator pour lequel on puisse réserver les billets à l'avance…) et je sympathise avec une jeune franco-américaine, Mandoline, qui veut aussi se rendre dans la région de l'Altaï. Situé aux confins du pays, dans les montagnes de l'ouest, à la frontière russe, l'Altaï est une région reculée qui offre, paraît-il des paysages magnifiques.
Finalement, nous quitterons la Chine peu avant minuit mais il faudra une heure de plus pour en finir avec les formalités douanières mongoles.
23:55 Publié dans 6 - Chine - Mongolie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : chine, mongolie, transmongolien, tour du monde, voyage
11.06.2007
A Beijing
Beijing n'est pas une belle ville. La cité a subi plusieurs invasions successives et a vu la destruction de beaucoup de monuments. Trente ans de planification socialiste ont suffi à détruire la plupart des quartiers typiques. Il en reste quelques-uns (les hutong, que je n'aurai pas le temps de visiter) mais ils sont voués à une transformation prochaine. Ce que l'on observe, ce sont des pâtés de maison entiers complètement rasés pour faire place à des gratte-ciels flambant neufs. Le gouvernement chinois applique encore à la lettre la philosophie communiste qui voulait du passé faire table rase.
Tout paraît gigantesque et l'être humain semble dépassé par ses propres créations. Des immeubles du plus pur style stalinien de la grande époque se dressent à chaque carrefour. Les avenues, pourtant encombrées de voitures, sont larges comme des autoroutes à quatre voies. Les contre-allées sont réservées aux nombreux cyclistes qui évitent ainsi les embouteillages colossaux dont la ville est coutumière. L'ensemble n'est pas harmonieux ; c'est moche mais fonctionnel.
Je me rends sur la place Tienanmen, bondée de touristes pour la plupart chinois. Disciplinés, groupés, ils portent tous une casquette de couleur et suivent le guide sans sourciller. Nous devons leur paraître bien individualistes, nous autres voyageurs occidentaux, indépendants, sans tenue uniforme, allant où bon nous semble quand l'envie nous en prend. Mais je suis surtout venu sur la place Tienanmen pour y retrouver quelques souvenirs. J'avais quatorze ans lorsque le mouvement étudiant chinois pour la démocratie a été anéanti par les bouchers de l'armée régulière sur l'ordre d'un Deng Xiaoping déjà sénile. Les images télévisées des chars arrivant sur la place Tienanmen, de cet étudiant debout, immobile devant le monstre de fer, sont parmi les plus marquantes de ma jeunesse.
Je visite rapidement la Cité Interdite. Impressionnante par ses dimensions gigantesques, elle est en fait très sobre dans la décoration extérieure. Les bâtiments sont tous construits plus ou moins dans le même style et l'ensemble paraît un peu monotone à la longue. C'est pourtant ce qui reste de plus ancien à Beijing (15ème siècle mais beaucoup de bâtiments ont été reconstruits par la suite). Encore les plus virulents parmi les Gardes Rouges voulaient-ils la détruire complètement…Finalement j'ai préféré des sites de dimensions plus modestes : le temple lamaïste de Yonghegong, la tour de garde du sud-est de la ville ou le parc du temple du paradis (Temple of Heaven Park). Dans ce parc d'ailleurs, tôt le matin, des milliers de pékinois (retraités pour la plupart) se rassemblent pour faire quelques pas de gymnastiques sur une musique traditionnelle.
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10.06.2007
De Bangkok à Beijing
Dans l'avion qui m'amène à Beijing, je retrouve une vieille connaissance, Fiona, l'épouse d'un collègue de travail que j'avais bien connu en Indonésie. Fiona est écossaise et son mari, Larry, canadien. La cinquantaine passée, ils n'ont pas d'enfants mais profitent de chaque instant comme si c'était le dernier. Larry travaille à présent à Bangkok, tandis que Fiona s'est trouvée un poste à temps partiel de formatrice auprès d'une compagnie pétrolière chinoise, ce qui explique sa présence dans l'avion aujourd'hui. Elle enseigne, me dit-elle, les différences culturelles entre occidentaux et asiatiques auprès des chinois amenés à travailler à l'étranger dans des pays dont ils ne connaissent pas les coutumes. Amusante coïncidence, une fois de plus, de se retrouver par hasard à l'autre bout du monde (Fiona ne devait se rendre à Beijing que dans 15 jours mais son cours a été avancé par ses employeurs).
Mon guide de Beijing date de janvier 2005 mais il est déjà complètement dépassé. La première auberge de jeunesse vers laquelle je me dirige en descendant de l'avion est en pleine rénovation. La deuxième a carrément disparu, faisant partie d'un des nombreux pâtés de maison destinés à une réfection complète. Quant à la troisième, je la crois d'abord remplacée par un luxueux hôtel cinq étoiles lorsque le portier, avec un sourire entendu, m'indique l'arrière-cour. L'hôtel et l'auberge de jeunesse portent le même nom (Zhaolong).
Le soir, je dîne avec deux autres français en vacances plus ou moins longues en Chine et avec un jeune anglais qui achève son tour du monde de cinq mois.
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03.06.2007
Curse of the Golden Flower - Zhang Yimou
"Curse of the golden flower" est la dernière réalisation de Zhang Yimou, peu de temps après "Hero" et "House of the flying daggers". Si l'on y retrouve la beauté visuelle des images qui m'avait tant plu dans ses deux films précédents, "the curse of the golden flower" est tourné essentiellement en lieu clôt, à l'intérieur du palais de l'empereur.
C'est d'ailleurs un genre de tragédie shakespearienne que Zhang Yimou met en images. Sous la dynastie Tang, quelque part autour du Xème siècle de notre ère, l'empereur ordonne l'empoissonnement lent et progressif de son épouse, tandis que cette dernière prépare un coup d'état afin de placer à la tête de l'empire son fils naturel, cadet du prince-héritier né lui d'un premier mariage de l'empereur. Le premier soir du festival des chrysanthèmes est choisi pour déclencher la révolte mais celle-ci sera réprimée sans pitié.
Dans ce film, Zhang Yimou délaisse un peu les combats d'arts martiaux tendance surréaliste qui lui avait si bien réussi dans ses deux précédents films au profit de l'étude des caractères et des motivations de ses personnages. A mon avis, ce n'est pas ce qu'il fait de mieux. Gong Li tire son épingle du jeu dans le rôle de l'impératrice mais les autres, Chow-Yun-Fat inclus, font un peu pâle figure. Et la pauvreté du scénario n'en est que plus évidente. Quant à la fin de l'histoire qui voit le massacre de toute la famille royale et la victoire du cruel empereur, elle se présente comme une justification du pouvoir absolu des monarques. Tout se passe comme si Zhang Yimou cherchait à présent à rentrer dans le rang et à regagner l'estime des autorités chinoises, faisant ainsi oublier que ses premiers films avaient été censurés dans son pays.
Restent des prises de vue splendides dans et à l'extérieur du palais qui confirment qu'il est l'un des maîtres esthétiques de la profession.
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