21.09.2007

En guise de conclusion...

Voilà c'est fini. J'écris ces derniers mots dans l'avion qui me ramène en France. Ce sont les derniers instants d'un voyage d'une année autour du monde, entre les plus hauts sommets himalayens et les fonds marins resplendissants des Caraïbes, à travers la pourriture indienne et l'élégance bhoutanaise, dans les steppes mongoles et les temples shintoïstes du Japon, au milieu du désert chilien et sur les pentes des plus beaux temples mayas. J'ai essayé de faire partager les émotions et les rebondissements de cette aventure à travers ces quelques notes, sans doute maladroites et trop confuses pour retenir l'attention du lecteur. Merci en tous cas à ceux qui m'ont suivi toute cette année. J'espère qu'ils auront appris à travers mes comptes-rendus et apprécié les photos que j'ai mises en ligne.

Si le lecteur a pu avoir l'impression d'une organisation sans failles, qu'il se rassure : ce fût loin d'être le cas. Certes, j'avais décidé des principales étapes en avance, ne serait-ce que pour acheter le billet "Tour du Monde", à la fois si économique et si pratique. Mais combien de fois ai-je ouvert le guide du pays dans l'avion qui m'y amenait? J'ai souvent regretté d'ailleurs de ne pas avoir eu le temps de mieux préparer ce voyage – mes dernières semaines au Gabon avant de partir ont été plutôt agitées – et j'ai tenté de palier mes lacunes dans le pays même, lisant tout ce qui me tombait sous la main et regardant films et documentaires au fur et à mesure de mes déplacements. Voyager avec un laptop fût une bonne idée, qui m'a permis de rester connecté – et de suivre en particulier avec une inquiétude grandissante les lamentables errements de la campagne présidentielle en France conduisant à l'élection du président que l'on sait – et de mettre à jour ce blog, sans doute avec plus de régularité que si j'avais du taper l'intégralité du texte dans un cyber-café, souvent inconfortable ou disposant de claviers anglo-saxons peu pratiques pour les accents. Le wireless, à ce propos, se développe vite ; au Mexique, par exemple, de nombreux hôtels et auberges de jeunesse en sont dotés.

Beaucoup de rencontres, beaucoup de pays, sans doute un peu trop, même si j'ai toujours choisi de rester au moins un mois dans chaque pays, évitant autant que faire se peut l'effet "zapping" que j'avais pu observer chez d'autres voyageurs autour du monde. Malgré cela, la durée de séjour reste bien courte et la vision que j'ai pu avoir de chaque pays est évidemment biaisée par une méconnaissance des coutumes et des langues. A chaque fois pourtant, j'ai essayé de rechercher les articles de journaux les plus récents, les livres d'histoire de références, les films aussi réalisés par des artistes locaux. Ce n'est sans doute pas la seule manière de voyager. D'autres rechercheraient plutôt le contact avec les habitants pour apprendre d'eux – ce n'est pas mon fort et cela rend mes rares rencontres d'autant plus précieuses. Je me souviendrai avec tendresse d'Alvaro et Juanita à Paihuano, dans la vallée de Pisco au nord du Chili, de Joy le peintre indien qui a choisi de s'enterrer à Vashisht, dans le froid glacial de la province indienne d'Himachal Pradesh, de Chenda le bhoutanais qui m'accompagné tout au long de mon séjour dans son incroyable pays, de Tomo enfin le jeune étudiant japonais qui nous a fait visiter les temples de Nara. En fait, par un effet de panurgisme touristique, les voyages favorisent d'abord les rencontres avec les autres voyageurs : Corinne à Atacama, Jay et Miriam lors de l'ascension de l'Aconcagua, Manu et Marie-Laure dans le Sikkim, Mandoline en Mongolie, Areti au Guatemala et à Mexico sont des êtres qui, chacun avec une personnalité particulière, rendent ce monde encore plus intéressant à vivre. C'est pour de telles rencontres que je continue et que je continuerai à voyager.
Sans doute plus une année entière cependant. Ce fût un peu long et peut-être le lecteur a-t-il également éprouvé une certaine lassitude devant l'accumulation de notes. Je ressens aujourd'hui le besoin de me poser quelques temps, de réfléchir à cette année si riche et si bousculée, de regarder un peu vers le futur. Il est certain par contre que je repartirai un jour prochain pour un long voyage.
Je n'aime pas retourner deux fois au même endroit, et peut-être est-ce un tort. Partout, la situation politique et économique évolue et chaque pays se vit différemment d'une année sur l'autre. Déjà, en quelques mois, les pays que j'ai parcourus ont changé :
- Le Chili toujours gouvernée par la socialiste Michelle Bachelet bat des records de croissance économique mais la politique d'austérité suscite des mécontentements de la part des salariés. Une manifestation à Santiago a été réprimée violemment ce mois d'août, faisant plusieurs dizaines de blessés.
- L'Argentine se prépare à élire une femme à la tête de l'état, en la personne de Cristina Kirchner, l'épouse de l'actuel président Nestor Kirchner. Souvent comparé à Bill et Hillary Clinton, le couple présidentiel cherche en fait à contourner la Constitution argentine qui interdit de briguer un troisième mandat après deux mandats consécutifs. Intercaler Cristina aujourd'hui permettra à Nestor de briguer encore deux mandats dans quatre ans. En attendant, le pays se penche de nouveau sur le passé peu reluisant des années 1976-1983, la Cour Suprême venant d'autoriser la reprise des enquêtes pour crime contre l'humanité envers les généraux qui avaient été graciés par l'ancien Président, Carlos Menem.
- L'Inde, ce pays de fondamentalistes religieux, ferment de toutes les injustices et de toutes les misères, qui vient de fêter son soixantième anniversaire depuis l'Indépendance, a élu une femme comme Présidente (Pratibha Patil). Il ne s'agit là que d'un geste symbolique, le réel pouvoir étant de toutes façons détenu par le Premier Ministre. Pendant ce temps, l'état du Maharastra et huit autres états ont rejeté les programmes d'éducation sexuelle proposés par le gouvernement ; "sex is instinctive, it is not necessary to teach children about it" est la réponse habituelle des organisations d'enseignants, tandis que l'épidémie de SIDA atteint des proportions catastrophiques chez les 15-29 ans (The Economist, September 15th). Les luttes entre castes continuent ; récemment, des castés demandaient dans la violence et dans le sang à être "dé-castés" pour bénéficier des privilèges octroyés aux Intouchables. Et la presse internationale continue à présenter ce continent à la mentalité arriérée comme une nouvelle puissance émergente.
- Au Bhoutan, en avril dernier, une simulation d'élections générales a eu lieu, sans grand enthousiasme d'ailleurs de la part d'électeurs parfaitement satisfaits par le régime monarchique au pouvoir depuis bientôt cent ans et qui craignent l'arrivée d'une démocratie aussi chaotique que chez le voisin indien ou népalais. La transition vers un régime multi-partite, décidée par le roi, aura lieu en 2008.
- Au Népal, il y a tout juste quelques jours, les maoïstes ont quitté le gouvernement de coalition dans lequel ils étaient entrés en 2006. Ils demandent l'abolition de la monarchie et la proclamation de la république avant les élections générales qui doivent avoir lieu à la fin de l'année. Les attentats pourraient recommencer dans un futur proche, mettant une fois de plus en péril l'industrie touristique si précieuse pour ce petit pays sans ressources.
- En Thaïlande, une nouvelle Constitution vient d'être approuvée par voie de référendum. Des élections générales devraient avoir lieu d'ici la fin de l'année, mettant ainsi un terme à plus d'une année de gouvernement militaire. Si l'on peut se féliciter de ce retour en douceur à la démocratie, il n'en reste pas moins que le pays reste divisé. Les partisans de l'ancien Premier Ministre Thaksin se réorganisent et pourraient bénéficier de la popularité de ce dernier, toujours intacte dans les zones rurales, pour remporter les futures élections.
- Au Japon, le Premier Ministre Shinzo Abe a fini par démissionner. Les élections sénatoriales qui s'étaient tenues au moment où je parcourais le pays s'étaient soldées par une cinglante défaite pour le parti du Premier Ministre (Voir note du 29-07-07). Shinzo Abe a choisi de rester à son poste malgré la défaite et une cote d'impopularité record. Sa démission est arrivée brusquement et semble avoir surpris tout le monde politique japonais.
- Au Mexique, alors que je quitte tout juste le pays, une loi vient d'être votée, qui met un terme au règne de l'argent-roi pendant les campagnes électorales. "Les parlementaires ont aboli un système calqué sur celui des Etats-Unis, où les candidats financièrement les mieux dotés achètent un maximum de temps d'antenne, et où l'on tolère la propagande négative contre l'adversaire, pour se rapprocher des règles en vigueur en France comme dans le reste de l'Amérique latine." (Le Monde du 15 septembre 2007). Ce qui n'a pas empêché des attentats d'avoir lieu dans la province de Veracruz, sans doute perpétrés par des groupuscules d'extrême-gauche : dynamitage de pipelines en protestation contre l'augmentation du prix de l'essence.

Ce voyage fût une irremplaçable ouverture sur le monde et les hommes. La connaissance des autres pays, de leurs cultures et de leurs mœurs ne saurait faire oublier qu'il est toujours un endroit où il fait bon vivre. Cet endroit, c'est la France à qui je veux maintenant consacrer un peu de mon temps et de mon énergie : au travail!

20.09.2007

Acapulco, dernière étape mexicaine

Acapulco est un peu la grand-mère des stations balnéaires mexicaines. Le développement de la ville date des années 1950 et tout ici a un air rétro pas désagréable. La baie est jolie mais le développement urbain l'a fortement enlaidi. Les grands hôtels ont poussé comme des verrues sans qu'il y ait eu de véritable plan de développement.

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Bref, c'est un peu comme sur la côte méditerranéenne espagnole : les infrastructures sont encore là mais les touristes sont déjà ailleurs.
J'en étais là de mes impressions sur la ville, bien triste dernière étape avant de rentrer à la maison, lorsque je suis allé voir les plongeurs sur la Quebrada. Là, c'est un tout autre décor.
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La côte a gardé un aspect sauvage, rendu encore plus évident par les puissants rouleaux qui viennent s'écraser sur les falaises. Qui plus est, je suis sûr d'avoir déjà vu les balustrades ondulées qui bordent la route côtière, sans doute dans un film des années 1960 mais dont je suis incapable de retrouver le titre. Toujours est-il que c'est bien cette partie de la ville – de l'autre côté de la baie donc – qui est le plus attrayant.

Les plongeurs plongent toujours, depuis 50 ans, dans ce mince espace entre deux falaises.
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C'est déjà la basse saison, aussi, il y a peu de touristes mais le spectacle n'en est pas moins impressionnant. Les plongeurs prient devant un petit autel avant de sauter. On les comprend. Il n'y a vraiment pas beaucoup de place et la mer, sans ête furieuse, est agitée. Difficile de prendre des photos mais le simple effet visuel de ces courageux plongeurs sur fond de coucher de soleil suffit à rendre la soirée mémorable.
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Du point de vue culturel, Acapulco n'a rien à offrir ou presque.
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Le Fort de San Diego qui domine la vieille ville a été reconstruit au XIXème siècle et reconverti en musée. On y apprend qu'Acapulco fût longtemps un port important sur la route des Philippines : commerce d'épices, de soie et de porcelaine chinoises, de femmes aussi qui arrivaient en grande quantité chargés sur des galions espagnols, tout du moins lorsque ces derniers n'étaient pas attaqués par les armada de pirates qui fleurissaient dans ces mers du Pacifique.
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Conservée en l'état, une petite chapelle bien ordonnée constitue, à mon sens, la salle la plus intéressante du musée.
A quelques pas du Fort, la Casa de las Mascaras abrite une collection originale de masques de cérémonie mexicains, ainsi que quelques exemples trop peu nombreux de masques provenant d'autres régions du monde, Afrique et Indonésie notamment.
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Ce n'est pas inintéressant mais il y manque des photos montrant les danses au cours desquels ces masques sont utilisés. Et puis sans vouloir être blasé, il me semble que les masques bhoutanais lors des danses du festival de Tsechu avaient une autre allure…
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Le reste de l'activité de la ville tourne autour du Zocalo dans la vieille ville et dans les hôtels de luxe au bord de la mer. Mais il règne partout un parfum de fleur fanée, comme si Acapulco était déjà sur le déclin, cédant la place à d'autres villes plus jeunes qui ont eu le recul nécessaire pour planifier un développement harmonieux, Puerto Vallarta sur la côte Pacifique ou Playa Del Carmen du côté Caraïbes.

L'aéroport d'Acapulco est situé à plus de 30 kilomètres du centre-ville. Ruben, le chauffeur de taxi qui m'amène fait la causette tout au long du trajet, m'inondant de questions sur le Mexique, mes voyages et l'incroyable coup de tête de Zinedine Zidane en finale de Coupe du Monde l'été dernier. Je n'ai pas à me forcer pour lui répondre que le Mexique va me manquer et que j'y retournerai un jour, au moins pour visiter le nord du pays et la Baja California.

18.09.2007

A Taxco

Le matin, dans le métro qui m'amène au Terminal de bus, je retrouve les deux cinglés qui se tapent le dos sur du verre pilé pour gagner quelques pesos (voir la note du 8 septembre dernier). Ils n'ont pas beaucoup de succès ce matin, leur numéro provoquant plutôt des haut-le-cœur que des élans de générosité chez les passagers.

Taxco est une petite ville minière au sud de Mexico. En fait aujourd'hui, les mines d'argent qui autrefois faisaient la réputation et la prospérité de la ville ne sont plus exploitées mais les artisans continuent à travailler l'argent en provenance d'autres provinces. D'après ce que j'ai compris, tout l'argent produit au Mexique est acheté par la Banque Centrale pour être fondu puis ensuite revendu au détail : impossible de toutes façons de savoir d'où provient l'argent du collier que l'on achète. Mais il y a plus à voir à Taxco que les innombrables magasins de verroterie.
La ville, construite à flanc de colline, est située dans une vallée verdoyante que l'on peut observer en prenant un peu de hauteur : un téléphérique mène à un hôtel qui domine toute la vallée.

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La vue y est étourdissante.
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La ville elle-même a conservé un caractère colonial marqué. Tout se passe autour de la place centrale, le Zocalo, bordée par la Parroquia de Santa Prisca, une église baroque dans les tons roses qui rappelle étrangement sa consoeur de San Miguel de Allende.
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A l'intérieur, on peut observer les exubérantes ornementations en bois des autels recouverts de feuilles d'or, ainsi qu'un imposant orgue situé au-dessus de l'entrée de l'église.
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Ce genre décoratif particulier, si riche et si travaillé, provient de la famille de sculpteurs espagnols, les Churriguera, dont le style a influencé un certain nombre de bâtiments religieux en Amérique du sud (je me souviens de l'église de San Luis Potosi en Bolivie) et en Espagne.
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Autour, ce sont de petites ruelles étroites, des plazuela avec une fontaine, de nombreux marchés et un trafic incessant de taxis "coccinelle" et de combis VW. Ce n'est pas le genre d'endroit où il faut s'attarder mais c'est une bien jolie étape de passage.

J'ai appelé Juliet dans la journée, qui est bien rentrée à Aberdeen. Le soir, la ville se couche tôt. Pas moi. Dans trois jours, je prends l'avion et m'envole définitivement, loin du Mexique, de ses églises et de ses plages. La perspective du retour en France après une année de voyage me tient éveillé jusque tard dans la nuit, excité en fait – et impatient -à l'idée de commencer une nouvelle étape.

17.09.2007

Du 14 au 17 septembre, Puerto Vallarta

Puerto Vallarta, c'est un peu la Côte d'Azur mexicaine. La foule en moins, en cette basse saison rendue encore plus calme par les ouragans qui se sont succédés depuis quelques semaines, provoquant annulations et retours précipités. Du coup, les prix sont largement abordables et Juliet et moi logeons dans superbe suite avec vue sur la mer et sur un joli parc du sud de la ville.

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Lieu de villégiature privilégié par les retraités américains, Puerto Vallarta possède sa "Promenade des Anglais", agrémentée par quelques sculptures modernes.
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Là, on s'observe, on se montre, on promène son chien ou ses enfants. La ville est toute entière orientée vers le tourisme de luxe, option troisième âge. Malgré cela, lorsque l'on s'éloigne un peu du centre, on arrive à échapper aux rabatteurs (un peu insistants ici, contrairement à ce que j'ai pu observer dans le reste du pays) et à trouver quelques endroits plus typiques, gargottes notamment qui sont les bienvenues et permettent d'échapper à la nourriture insipide et chère des restaurants du bord de mer.

Le samedi, nous partons faire une sortie plongée sur le site le plus réputé du coin : Los Archos. Enfin, plongée pour moi, simple snorkeling pour Juliet qui découvre un nouveau monde. Malheureusement, la visibilité ce jour-là est médiocre. Encore s'améliore-t-elle lorsque l'on descend et, par vingt mètres de fond, on y voit à quelques dix mètres. Mais au-dessus, c'est de la purée de pois. Même au fond, la faune marine n'a rien à voir avec la richesse époustouflante de Playa Del Carmen. Le fond rocheux abrite quelques murènes mais c'est à peu près tout et l'instructeur a beau jurer ses grands dieux que si, si, il y a beaucoup de poissons, je décide de ne pas faire la seconde plongée. En fait, le plus joli est en surface.
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Los Archos est un endroit remarquable par les blocs rocheux qui surgissent de l'eau et rappellent, toutes proportions gardées, les formations calcaires de la baie d'Halong.

Le samedi soir, un orage tonitruant éclate au-dessus de Puerto Vallarta. Des trombes d'eau se déversent en quelques instants et le défilé qui devait avoir lieu sur le Malecon est repoussé au lendemain matin. Il faudra d'ailleurs toute la nuit et une partie de la journée du lendemain pour que l'eau s'évapore. Certains endroits de la ville ont été carrément inondés. Malgré tout, le dimanche matin a lieu la parade annuelle, commémoration qui coïncide en fait avec le jour du soulèvement du père Hidalgo le 16 septembre 1810 et non pas avec l'indépendance de facto qui n'aura lieu que onze ans plus tard. Toutes les écoles de Puerto Vallarta sont mises à contribution et les élèves défilent au pas, parfois sans musique mais vêtus de leur plus bel uniforme.
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Devant eux, puis derrière eux, viennent les militaires, les marins, les pompiers, les gendarmes, tous les corps de l'Etat.

Et pendant ce temps, en Thaïlande, un avion de la compagnie low-cost one-two-go s'écrase sur la piste d'atterrissage de l'aéroport de Phuket, faisant plusieurs dizaines de morts ; cette même compagnie que j'avais prise il y a quelques mois sur cette même ligne.
Plus près d'ici, un accident de car a lieu entre Puerto Vallarta et Guadalajara, sur ce même tronçon de route que Juliet et moi avions emprunté de nuit depuis Ganajuato.
Evidemment, tout cela fait un peu réfléchir. Pourtant, les accidents de bus sont rares, les accidents d'avion encore plus. Ils font la une des journaux quelques temps et puis on passe à autre chose. Je ne me suis jamais vraiment senti en danger lors de mes voyages, sauf une fois, peut-être, en Indonésie, où je me suis vraiment demandé si le bateau sur lequel j'étais monté n'allait pas couler au milieu de l'océan. La perception depuis l'étranger est complètement déformée – il n'est que de voir le tapage autour des ouragans tropicaux et la préparation dans le calme des habitants qui les reçoivent. Bref, si ces séries d'accidents me font redoubler de prudence, elles ne me ternissent pas, loin s'en faut, mes envies de voyage et de découverte.

Le lundi, nous rentrons sur Mexico. Juliet a décidé d'abréger ses vacances et de rentrer à Aberdeen. La société pour laquelle elle travaille lui fait des misères et elle veut régler ses comptes une fois pour toutes. Dommage. Au moins aurons-nous passé quelques jours ensemble. Voyager avec une femme est toujours une expérience intéressante ; les centres d'intérêt ne sont pas toujours (plutôt jamais…) les mêmes, les réactions face aux événements diffèrent, les lectures même reflètent les personnalités et les caractères. Evidemment à deux, on fait moins de choses que tout seul mais on le fait aussi différemment, ce qui donne au voyage une autre perspective.

13.09.2007

Dernier jour à Guanajuato

Nous terminons de visiter les dernières curiosités de Guanajuato : le Templo de la Compania de Jesus, le Templo de San Francisco et le curieux musée iconographique Don Quichote. L'histoire ce musée est simple : Ferrer Rodriguez, un exilé espagnol, collectionneur de toutes les bizarreries relatives au personnage de Cervantès, a fait don de ses pièces à la ville de Gaunajuato, geste de remerciement envers sa terre d'accueil. C'est ainsi que le musée a été fondé, il y a 20 ans et, depuis, plusieurs centaines d'autres œuvres ont été rassemblées.

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C'est d'autant plus fascinant qu'il s'agit bien sûr là d'un personnage qui n'a jamais existé. C'est vrai qu'on visite bien la maison de Sherlock Holmes à Londres. Mais ici, pas d'objets ayant appartenu au Chevalier à la Triste Figure. Seulement des peintures, des sculptures qui tournent autour de Don Quichote et Sancho Panza.
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Je n'ai pas relu le bouquin de Cervantes depuis des lustres mais on reconnaît facilement quelques épisodes marquants de la saga. Chaque artiste a puisé dans l'œuvre et dans son propre imaginaire la matière de sa réalisation.
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Ce sont principalement des tableaux de la seconde moitié du XXème siècle mais dont l'influence se rattache parfois à des écoles plus anciennes. En tous cas, on passe un bon moment dans ce petit musée et l'on ressort de là en ayant envie de relire l'histoire de Cervantes au plus tôt.
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En début de soirée, les habituels groupes de musiciens envahissent la place principale. Les rues sont bondées, chacun plaisante, se promène, chante et danse si l'envie lui en prend. L'ambiance est incroyablement relax et donne envie de s'éterniser.

Mais, le soir venu, nous prenons un bus direction Puerto Vallarta sur la côte Pacifique. Seulement 10 heures de voyage mais le climat change du tout au tout. Alors que les nuits à Guanajuato sont assez fraîches, au fur et à mesure que l'on s'éloigne, l'air conditionné du bus fonctionnant à moitié, l'on sent la moiteur tropicale s'incruster par toutes les ouvertures.

12.09.2007

San Miguel de Allende

Aujourd'hui, nous faisons un petit tour à San Miguel de Allende, un village voisin qui est devenu au fil des années un lieu de retraite prisé par les américains. Il faut dire que l'endroit a de quoi plaire : petites rues étroites pavées, bordées de maisons multicolores et nombreuses églises coloniales disposées autour d'une place centrale propre et ombragée. Il n'y a rien à faire ici, sinon regarder passer les gens en buvant un café attablé sous un arbre. L'atmosphère des lieux est paisible, reposante, comme un appel au farniente, douceur de vivre envahissante et sereine.
La profusion de bâtiments historiques s'explique aussi par les évènements qui se sont déroulés ici au début du XIXème siècle. C'est en effet dans cette région de Guanajuato et à San Miguel de Allende entre autres villages, qu'a été initiée la lutte mexicaine pour l'indépendance. Ce qui n'était alors que San Miguel est le lieu de naissance d'Ignacio Allende, l'un des leaders mexicains lors de la lutte pour l'indépendance. En septembre 1810, San Miguel et le village voisin de Dolores furent les premiers villages à être conquis par les troupes de libération. Ignacio fût exécuté quelques mois plus tard par les forces gouvernementales espagnoles et la ville a été ainsi nommée pour lui rendre hommage.

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La Parroquia de San Miguel Arcangel est une église baroque à la façade rose qui domine la place principale. Un peu plus loin, le Templo de la Concepcion, ancien couvent reconverti, possède des peintures superbes, trop sombres malheureusement pour un bon rendu photographique. Enfin, l'Oratorio de San Felipe Neri, dont nous n'avons pas visité l'intérieur car une messe s'y déroulait, vaut également par son extérieur minutieusement sculpté. Et, pas très loin, c'est le Templo de San Francisco qui attire l'œil, là encore par sa façade travaillée. En fait, en quelques centaines de mètres, on observe les plus beaux monuments coloniaux du pays dans un décor de collines verdoyantes proche d'une large rivière aux eaux calmes. Même les restaurants du village sont élégamment décorés.

Le soir, de retour à Guanajuato, nous assistons à un spectacle de musique et de danses mexicaines traditionnelles. Le concert a lieu dans l'enceinte du théâtre Juarez. L'amphithéâtre est de toute beauté, avec des balcons dorés, des boisures rouges et bleues et un plafond décoré. L'orchestre joue des morceaux de musique mexicaine connus, parfois en y intégrant quelques chansons dénotant une influence extérieure (tango, valse) mais toujours, comme le dit la chanteuse, remaniées au goût mexicain.
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Au final, même si je ne suis pas un grand adepte des cris déchirants et des chansons d'amour larmoyantes, j'aurai passé un bon moment. Juliet, de son côté, un peu plus réceptive à ce genre de musique, a été enthousiasmée.

11.09.2007

A Guanajuato

Le matin commence en fanfare, tout comme s'est terminée la nuit précédente. Les enfants de Guanajuato répètent dans les rues de la ville en vue du défilé du 16 septembre, jour de l'Indépendance mexicaine.

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Tous vêtus de leur plus bel uniforme, ils passent et repassent au son du tambour, apparemment amusés par cet exercice qui leur permet de rater l'école pendant quelques heures.
Nous passons la matinée à visiter les curiosités de la ville. El Templo La Valenciana bâti sur une des collines qui domine la ville présente une façade merveilleusement sculptée et, à l'intérieur, des boisures dorées splendides.
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Pour couronner le tout, des peintures religieuses fines et travaillées tapissent les murs de l'église. A quelques mètres de là, une hacienda (Hacienda Del Cochero) a été reconvertie en Musée de l'Inquisition. On pénètre dans les souterrains de la bâtisse où les conservateurs du musée ont disposé les instruments de torture utilisés par les inquisiteurs pour faire avouer et condamner les hérétiques.
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Des mannequins sont utilisés par les guides dans un but didactique assez douteux. On ressort de là un peu écoeuré et c'est sans doute l'impression recherchée. L'Inquisition espagnole dans le "Nouveau Monde" a fait exécuter des dizaines de milliers de personnes sous des prétextes fallacieux. Ses membres, qui étaient les représentants directs du Pape, exerçaient en fait un véritable pouvoir politique en plus d'être une autorité religieuse. Supprimée seulement en 1834, l'Inquisition espagnole a joué un rôle important de résistance aux mouvements de libération nationale mexicains du début du XIXème siècle.
Mais on n'en a pas fini avec les morts en quittant l'hacienda del Cochero. Le plus célèbre musée de la ville est le musée des momies, une surprenante curiosité située évidemment à deux pas du cimetière. Si j'ai tout compris; lorsque la famille du défunt ne peut pas payer le "loyer" pour le cimetière, elle peut avoir recours à ce procédé pour, malgré tout, donner au corps du défunt une sépulture décente.
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Le public ne voit que quelques momies – les plus réussies! - mais il y en aurait en fait des milliers d'autres dans les catacombes de l'endroit. Ce musée des momies est une épreuve de bout en bout et l'on se demande quelle fascination de la mort peut donner l'idée de présenter au public de telles horreurs. George Romero aurait facilement pu y puiser l'inspiration de certains de ses films.
Heureusement tout n'est pas que torture et putréfaction à Guanajuato. Une visite dans une mine d'argent désaffectée donne une bonne idée des conditions de travail des mineurs. Aujourd'hui la propriété de l'Ecole des Mines de Guanajuato, elle est conservée et sert de terrain pratique pour les étudiants.
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On ne peut pas descendre très profond, et c'est dommage car le plus marquant est au fond. Lors de ma première année d'école d'ingénieur, je suis descendu dans une mine de charbon de l'est de la France et ce souvenir restera gravée dans ma mémoire toute ma vie.

Le soir, nous délaissons la musique mexicaine des trottoirs pour aller assister à un concert de piano. Précisément situé dans l'enceinte de l'Ecole des Mines de Guanajuato, l'auditorium permet à de jeunes musiciens mexicains de jouer quelques morceaux, le tout dans le cadre d'un festival national de piano qui se tient chaque année.

10.09.2007

De Mexico à Guanajuato

4ba74a88b921bbb832bbee3c4b898700.gifCinq heures de bus nous amènent à Guanajuato, une petite ville située dans le centre du pays, au nord de Mexico. Ayant longtemps profité de l'exploitation d'une mine d'argent à proximité, Guanajuato est une ville riche, débordant de bâtiments coloniaux et dont la topographie assez ambitieuse épouse le relief difficile des collines. Des tunnels percent la ville comme un gruyère, ce qui permet de garder tout le centre piéton.

Nous descendons dans un hôtel colonial, à deux pas du théâtre Juarez.

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Ce dernier, bâti au XIXème siècle est le fleuron des monuments de la ville. Juste à côté, une petite place ombragée abrite quelques restaurants et de nombreux musiciens. Ce sont des groupes de mariachis, ces chanteurs et musiciens populaires qui entourent leur audience tandis qu'ils font hurler leurs instruments. La musique est rapide, les paroles larmoyantes et le trompettiste donne la cadence.
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C'est la musique mexicaine traditionnelle et la table voisine, ne se lasse pas de demander des chansons. Tandis que notre groupe épuise son répertoire, nous voyons passer un autre groupe, suivi d'une foule de personnes : ce sont les callejoneadas qui, presque chaque soir, parcourent la ville en jouant de leurs instruments. Derrière eux, les gens discutent et plaisantent. C'est apparemment une tradition venue d'Espagne.

09.09.2007

Toujours à Mexico

Décidément, il y en a des choses à faire dans cette ville. Dommage que le trafic y soit infernal, les métros bondés et la promiscuité insupportable.
Ce matin, nous allons au Musée National d'Anthropologie, un des must-see de Mexico. Je l'avais gardé pour la fin du voyage mais Juliet ayant des soucis professionnels, nous avons décidé de rester une journée de plus à Mexico afin qu'elle soit joignable au téléphone. Situé dans le quartier de Chapultepec, celui-là même qui abritait le Musée National d'Histoire (voir note du 17-08-07), le Musée d'Anthropologie est une vaste édifice moderne dans lequel sont stockées quelques-unes des plus belles antiquités que possède le pays. Tout commence en fait par un peu d'anthropologie proprement dite : homo sapiens, homo erectus, etc. l'évolution humaine présentée sous une forme ludique et didactique.

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Il y a notamment cette représentation originale de toutes les races humaines qui affiche, selon l'angle sous lequel on regarde, le visage de la personne ou sa boîte crânienne.
Mais le plus intéressant du musée réside dans les salles consacrées aux vestiges des anciennes civilisations de ce qui n'était pas encore le Mexique. Là sont exposés les plus beaux trésors des sites de Palenque, Teotihuacan, Tikal même et bien d'autres. Une journée ne suffit pas à faire le tour de toutes les pièces présentées ici. Alors, j'ai fait le choix de ne visiter que les salles mayas et aztèques, laissant de côté les salles consacrées aux cultures du nord du pays et aux civilisations zapotèques (voir à ce sujet la note sur Monte Alban du 22-08-07). C'est dans la Sala Mexicana que se trouve la fameuse représentation circulaire que l'on a longtemps considérée comme un calendrier aztèque. Il semblerait aujourd'hui qu'il s'agisse plutôt d'un autel de sacrifice.
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En tous cas, c'est une superbe œuvre qui marque le spectateur. Mon père, qui s'est rendu au Mexique il y a quelques cinquante années s'en souvient encore!
En fait tous les monuments de cette salle sont très impressionnants et contrebalancent bien les nombreuses poteries et vases en céramiques que l'on peut admirer dans la salle maya.
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On ressort de là un peu étourdi devant tant de splendeurs et admiratif aussi car le pays a su conserver une partie de son patrimoine. De façon générale, j'aurai été agréablement surpris par la qualité des pièces de musée et par l'agencement, en général sans faute, de l'ensemble, témoignage d'un soin particulier et d'un respect certain du visiteur. Il n'est que d'aller faire un tour au minable musée qui jouxte les ruines du site de Tikal pour faire la différence. S'il me reste du temps en fin de séjour, je retournerai au Musée d'Anthropologie.

Pour changer un peu de l'ancien, nous visitons dans l'après-midi El Antiguo Colegio de San Idlefonso, juste derrière le templo mayor à quelques dizaines de mètres du Zocalo. Il s'agit d'un collège jésuite construit au 16ème siècle et sur les murs duquel les muralistes mexicains du XXème siècle ont donné libre cours à leur imagination et à leur facétie.
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Il y a surtout là des œuvres de José Clémente Orozco, représentations caricaturales, bouffonnes parfois de la société mexicaine de l'époque. Dans la fresque sur les aristocrates, toute une galerie de personnages hautains et antipathiques piétine allègrement les pauvres qui vivent sur le trottoir.
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Bien que cela n'apparaisse pas clairement sur la fresque d'Orozco, le Mexique souffre d'un clivage ravageur entre les élites – blanches, descendants des colons espagnols et les populations indigènes ou métissées, qui représentent 90% de la population. Dans un article de John Ross datant du 31 août 2006, c'est-à-dire écrit dans la foulée de la fraude électorale massive qui a vu la victoire du candidat conservateur Felipe Calderon devant le candidat de gauche Andres Manuel Lopez Obrador, on peut lire : "La nature pro-indienne de la croisade de Lopez Obrador, pour empêcher une petite élite blanche, personnifiée par Felipe Calderon, d'assumer la présidence, est attestée chaque soir à 7 heures, lorsque les spectateurs se rassemblent par milliers sur la Plaza Zocalo de Mexico, qu'ils ont investie depuis un mois. La couleur de ceux qui sont rassemblés est presque uniformément celle de la terre. (…) Un si grand nombre de ceux qui viennent à ces rassemblements nocturnes marchent avec des canes, claudiquant par l'âge, fatigués d'avoir été piétinés, pendant toute leur vie difficile, par les blancs qui dirigent cette terre polarisée sur la race (…) Sous la colonie, le Mexique était un Etat d'esclaves et les lignées africaines déteignaient tellement que les Espagnols mirent en place un système de 16 castes de races (les progénitures noir-noir, noir-indien, etc.). C'était le système d'Apartheid le plus rigoureux du monde (…) Enfin, les 8 millions qui restent sont constitués de la classe-moyenne supérieure et de l'élite dirigeante. Ils sont aussi bien-blancs que Felipe Calderon et la hiérarchie du PAN [Parti d'Action Nationale]. Le Pan, en fait, est un parti qui a été créé pour protéger les privilèges de ses électeurs à la peau blanche."

Le soir, de nouveau la pluie. Ce n'est vraiment pas terrible depuis quelques jours dans la capitale. Nous partons demain, direction le centre du pays, au nord de Mexico. Puisse-t-il faire un peu meilleur ces prochains jours.

08.09.2007

Teotihuacan

Dans le métro qui nous amène à la gare routière, c'est un défilé ininterrompu de colporteurs : DVDs, MP3, formulaires mathématiques (!), chacun semble avoir sa spécialité. A peu près au moment d'arriver à notre arrêt, deux jeunes mexicains torses nus déboulent dans le wagon. Ils étendent par terre un foulard rempli de morceaux de verre et s'allongent tranquillement dessus avant de demander l'aumône aux passagers médusés. Leurs dos ne sont que cicatrices et plaies. La misère à Mexico est partout et pas un instant ne se passe sans que l'on croise un quémandeur, un petit enfant en haillons endormi sur le trottoir ou un musicien ambulant faisant tourner son instrument. La ville est surpeuplée et ne peut manifestement plus contenir les malheureux qui arrivent de leur village à la recherche d'une nouvelle vie. Le centre historique, lieu touristique par excellence, déborde de misérables qui font la quête à la sortie des restaurants, de chaque restaurant en fait, même les plus modestes, tant est difficile la survie dans ce milieu urbain hostile.

A Teotihuican, c'est un tout autre décor. La capitale aztèque construite dès le 1er siècle ap. J-C fait l'objet d'un soin méticuleux et les visiteurs sont strictement encadrés.

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Pourtant, il est encore possible d'escalader la Pyramide du Soleil jusqu'à son sommet. Et, du haut des 70 mètres de pierres superposées, l'on domine une assez jolie vallée qui donne une bonne idée de l'influence de la cité aztèque du temps de sa splendeur. La cité a périclité à partir du 8ème siècle de notre ère.
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Plus loin, mais toujours dans l'enceinte de Teotihuacan, la Pyramide de la Lune est le pendant en miniature de la Pyramide du Soleil. On ne peut l'escalader que jusqu'à la moitié et la vue n'en est pas très spectaculaire. N'empêche : alors qu'hier a été une journée triste et grisâtre, il règne aujourd'hui un beau soleil et la visite est plutôt impressionnante. Même après avoir vu les sites de Palenque, Tikal et Chichen Itza, Teotihuacan reste un des fleurons architecturaux de la civilisation aztèque.

Le soir, la pluie se met de la partie. Juliet et moi sortons boire un verre dans un des cafés du centre ville. Un groupe de musiciens mexicains joue des airs connus – et assez anciens pour autant que je puisse en juger. Mais l'ambiance dans le café est bonne. Les mexicains viennent nombreux écouter les quelques musiciens, buvant des seaux de bière en grignotant quelques tacos.

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